Après la panne géante qui a frappé l’Espagne et le Portugal, les autorités ont éliminé l’hypothèse d’une cyberattaque : aucun signe d’intrusion n’a été détecté dans les systèmes de contrôle du réseau, indique REE. Reste à comprendre comment un simple déclenchement de disjoncteurs sur une ligne d’échange a pu se transformer en blackout national.
L’effet domino des énergies intermittentes
Au moment de la coupure, l’Espagne exportait un surplus de solaire vers la France et le Portugal. Quand la ligne d’échange s’est interrompue, l’équilibre offre-demande s’est brutalement rompu, provoquant des disjonctions en cascade. Les renouvelables, saluées pour leur zéro-carbone, montrent ici leurs limites : un réseau mal conçu pour absorber un pic de production intermittente devient un champ de mines électrique.
Un imbroglio de responsabilités
Derrière cet incident, se cachent une mosaïque d’acteurs : gestionnaires de réseau, producteurs d’énergies vertes, régulateurs et même États voisins. Le blocage automatique des interconnexions côté français pourrait avoir aggravé la situation espagnole, tandis que les exploitants locaux, submergés par les alarmes, n’ont pas su juguler la réaction-à-chaîne. Avec les coûts financiers colossaux en jeu, chacun a intérêt à reporter la faute à un autre, d’autant que l’hypothèse du hacking, encore ouverte par la justice, sert de paravent commode pour brouiller les pistes. Dans ce dossier complexe, où se mêlent choix politiques, investissements techniques et règlementations européennes, la traque des coupables risque de s’étirer sur des mois, sinon des années.