Le 15 août 30 av. J.-C., Cléopâtre VII, dernière reine d’Égypte, met fin à ses jours à Alexandrie, concluant de façon théâtrale et dramatique la plus longue ère monarchique de l’Histoire : trois millénaires de civilisation pharaonique. Âgée de 39 ans, la souveraine vient de perdre son allié et amant, Marc Antoine, vaincu par Octave à la bataille d’Actium. Menacée d’être humiliée à Rome enchaînée lors d’un triomphe, elle choisit la mort plutôt que la captivité.
Une mort auréolée de légende
Les récits antiques divergent sur la manière dont la reine mit fin à ses jours. Selon la tradition la plus célèbre, Cléopâtre aurait fait introduire dans son palais un panier de figues renfermant un aspic, serpent dont la morsure lui aurait été fatale, ainsi qu’à deux de ses servantes. D’autres sources évoquent un poison préparé ou un instrument dissimulé. Les historiens modernes, eux, débattent encore : suicide volontaire ou mort orchestrée par Octave ? Quelle qu’en soit la cause, son geste met fin à la dernière guerre civile de la République romaine.
La chute d’un royaume millénaire
Avec Cléopâtre s’éteint la dynastie lagide, fondée par Ptolémée, général d’Alexandre le Grand, en 323 av. J.-C. L’Égypte devient une province romaine, principal grenier à blé de l’Empire. Octave, futur Auguste, ordonne l’exécution de Césarion, fils que Cléopâtre avait eu avec Jules César, mais épargne les enfants nés de son union avec Marc Antoine, qu’il emmène à Rome. Cette annexion marque la fin de l’époque hellénistique et ouvre la période romaine de l’Égypte.
Un mythe immortel
De Shakespeare à Hollywood, la figure de Cléopâtre a traversé les siècles, mêlant histoire et légende. Son intelligence politique, son charisme et sa fin spectaculaire en font l’une des souveraines les plus célèbres de l’Antiquité. Quant à sa sépulture, supposée abriter aussi Marc Antoine, elle n’a jamais été retrouvée, alimentant encore aujourd’hui l’un des plus grands mystères archéologiques du monde antique.