Un Américain détenu en Russie pour « mercenariat » clame son innocence depuis une prison de Mordovie
Un Américain détenu en Russie pour « mercenariat » clame son innocence depuis une prison de Mordovie

Stephen Hubbard, un ancien enseignant américain de 73 ans, affirme avoir été injustement emprisonné par les autorités russes qui l’accusent d’avoir combattu comme mercenaire aux côtés des forces ukrainiennes. Disparu pendant plusieurs mois dans le système carcéral russe, Hubbard a récemment pu entrer en contact avec ses avocats et ses proches, affirmant n’avoir jamais participé à aucun combat militaire.

Condamné en octobre dernier à près de sept ans de prison par un tribunal russe à huis clos, Hubbard aurait, selon les médias d’État russes, plaidé coupable. Mais son avocat américain, Martin De Luca, soutient que son client a été arrêté à son domicile d’Izium, dans l’est de l’Ukraine, par des soldats russes. « Il n’était membre d’aucune unité de combat », a assuré De Luca, précisant que l’ancien enseignant n’avait jamais porté d’arme ni participé à des opérations militaires.

Hubbard avait déménagé en Ukraine en 2014 pour rejoindre sa compagne. En 2022, il vivait seul à Izium, ville tombée sous contrôle russe en avril de la même année. Sa famille avait perdu toute trace de lui jusqu’à ce qu’il apparaisse dans des vidéos de chaînes Telegram pro-russes, où il semblait être maltraité. Une de ces vidéos montrait Hubbard menotté, gémissant, frappé avec une sandale. Reuters n’a pas pu en authentifier la date ni le lieu.

Le gouvernement américain a désigné Hubbard comme « détenu à tort », une classification qui ouvre la voie à des efforts diplomatiques accrus pour sa libération. Il serait actuellement détenu dans une colonie pénitentiaire de la région de Mordovie, connue pour accueillir d’autres prisonniers américains, dont des journalistes et des anciens militaires.

Sa famille, notamment son fils Joseph Coleman, installé à Chypre, a pu l’avoir brièvement au téléphone en mai. « Il avait l’air déprimé. Il a dit : « J’en ai assez d’être esclave » », a confié Coleman à Reuters. Les États-Unis n’ont toujours pas obtenu d’accès consulaire, malgré des demandes répétées.

Le Kremlin a reconnu en mai l’existence de négociations pour un échange de prisonniers impliquant neuf ressortissants de chaque camp. En attendant une issue diplomatique, les avocats de Hubbard poursuivent leurs efforts pour dénoncer une détention arbitraire, et pour alerter sur les conditions dans lesquelles cet homme de santé fragile est maintenu captif.

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