Lors d’une réunion du Conseil de sécurité mercredi, quatorze de ses quinze membres ont affirmé que la famine qui sévit dans la bande de Gaza constituait une « crise d’origine humaine », mettant en cause le blocus et les restrictions israéliennes. Seuls les États-Unis ont refusé de s’associer à cette déclaration commune.
Le texte appelle à un cessez-le-feu immédiat, inconditionnel et permanent, à la libération des otages détenus par le Hamas et d’autres groupes, ainsi qu’à une levée totale et sans condition des restrictions israéliennes sur l’acheminement de l’aide humanitaire. Les signataires ont insisté sur le fait que « l’utilisation de la famine comme arme de guerre est interdite par le droit international humanitaire » et ont exhorté Israël à revenir sur sa politique actuelle.
Selon le Système intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), environ 514 000 Palestiniens — soit près d’un quart de la population de Gaza — sont déjà confrontés à la famine. Ce chiffre pourrait atteindre 641 000 d’ici la fin septembre, a prévenu l’organisme. La ville de Gaza et ses environs sont officiellement classés en situation de famine.
Israël a rejeté ces conclusions, demandant à l’Observatoire mondial de la faim de retirer son évaluation. Tel-Aviv estime que les données utilisées reposent largement sur des sources du Hamas et ne tiennent pas compte de récents convois alimentaires.
Lors de la réunion, l’ambassadrice américaine par intérim à l’ONU, Dorothy Shea, a exprimé de fortes réserves sur la méthodologie et la fiabilité du rapport, affirmant qu’il « ne passe pas le test de crédibilité ni celui d’intégrité ».
Cette fracture au sein du Conseil illustre l’isolement croissant des États-Unis sur le dossier gazaoui, alors que la crise humanitaire continue de s’aggraver dans l’enclave palestinienne.