LAHAINA, Hawaï – Deux ans après l’incendie le plus meurtrier qu’aient connu les États-Unis en plus d’un siècle, les autorités de Maui s’apprêtent à lancer une vaste opération logistique pour déplacer les débris calcinés de Lahaina vers une décharge située au centre de l’île. Dès lundi prochain, 50 camions entameront un travail de cinq mois pour transporter les cendres, poussières et débris, soit l’équivalent de cinq terrains de football empilés sur cinq étages.
L’incendie de 2023, qui avait causé la mort de 102 personnes et ravagé de larges portions de la ville historique de Lahaina, a laissé derrière lui plus de 400 000 tonnes de décombres. Ces derniers avaient été entreposés temporairement sur un ancien site d’extraction à Olowalu, au sud de Lahaina, en attendant une solution plus durable. Le comté de Maui a finalement obtenu en décembre l’autorisation d’acquérir des terrains privés adjacents à la décharge existante pour en faire un site d’enfouissement permanent.
Les camions devront parcourir environ 30 kilomètres entre Olowalu et la décharge de Central Maui. Pour réduire les perturbations sur la route côtière étroite et sinueuse, une partie du trajet passera par d’anciens chemins utilisés jadis pour la culture de la canne à sucre. Les opérations auront lieu uniquement en journée pour garantir la sécurité des équipes et des usagers de la route.
Les autorités locales, en coordination avec l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) et le département de la santé d’Hawaï, ont évalué que le transport et le stockage des débris ne présentaient pas de risques pour la santé publique. Les matériaux seront humidifiés avant leur chargement afin de limiter la dispersion de poussières et enveloppés dans des bâches plastiques épaisses.
Bien que la majeure partie des métaux et bétons ait été destinée au recyclage, les débris restants – principalement des cendres fines – contiennent des substances toxiques telles que l’arsenic et le plomb, selon des tests réalisés par le département de la santé. Cette réalité a alimenté l’inquiétude de certains habitants d’Olowalu, qui redoutaient un stockage permanent sur place susceptible de souiller des sites culturels hawaïens, des tombes ancestrales ou encore des récifs coralliens et la faune marine environnante.
Ce type d’opération post-catastrophe est loin d’être inédit. À Paradise, en Californie, il avait fallu près d’un an pour transporter plus de 300 000 chargements de débris après l’incendie de Camp Fire en 2018. Maui entame à son tour ce douloureux chantier de reconstruction, en tentant d’allier efficacité, sécurité et respect du patrimoine local.