Les États-Unis se retirent d’une organisation mondiale de prévention de l’extrémisme violent (AP)
Les États-Unis se retirent d’une organisation mondiale de prévention de l’extrémisme violent (AP)

Une organisation internationale spécialisée dans la prévention de l’extrémisme violent a estimé que la décision américaine de retirer son soutien constituait une erreur, alors que le risque d’attaques militantes progresse au Moyen-Orient et dans le Sahel africain. Le Fonds mondial pour l’engagement et la résilience des communautés (GCERF) finance des programmes communautaires dans des dizaines de pays jugés vulnérables à la radicalisation.

Le retrait figure dans une note de la Maison Blanche annonçant la sortie des États-Unis de 35 agences internationales et de 31 entités des Nations unies, jugées contraires aux intérêts américains. Selon le directeur du GCERF, Khalid Koser, la décision a été prise sans explication et traduit un changement idéologique plus large de l’administration du président Donald Trump, au profit d’approches antiterroristes centrées sur la sécurité plutôt que sur la prévention.

Koser a averti que les risques de violence extrémiste sont aujourd’hui à leur plus haut niveau depuis les soulèvements du Printemps arabe de 2011, citant notamment l’Afghanistan, le Sahel et les camps du nord-est de la Syrie qui abritent des dizaines de milliers de proches de combattants de l’État islamique. Selon lui, l’absence d’efforts de prévention pourrait nourrir une nouvelle génération de radicalisation, aggravée par les retombées de la guerre à Gaza.

Dans le même esprit, Washington a annoncé son retrait du Forum mondial de lutte contre le terrorisme, un cadre multilatéral réunissant une trentaine de pays. Les États-Unis avaient pourtant contribué à lancer des programmes du GCERF dans le nord-est syrien, visant à la réintégration de familles issues d’anciens réseaux jihadistes.

Si le travail du GCERF se poursuit, l’organisation perd un acteur majeur. Son budget annuel, d’environ 50 millions de dollars, n’a pas été rehaussé pour compenser la réduction de l’aide américaine, alors que d’autres agences internationales ont déjà diminué leurs activités après de vastes coupes dans l’aide étrangère des États-Unis l’an dernier.

Un indicateur récent souligne la dégradation du contexte sécuritaire mondial : l’Indice mondial du terrorisme 2025 relève que le nombre de pays touchés par des attaques est passé de 58 à 66 en 2024, effaçant près d’une décennie d’améliorations.

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