Les États-Unis freinent sur le solaire : la croissance menacée par les choix politiques de Washington
Les États-Unis freinent sur le solaire : la croissance menacée par les choix politiques de Washington

La croissance fulgurante du secteur solaire américain pourrait bientôt ralentir, avertit un nouveau rapport publié lundi par la Solar Energy Industries Association (SEIA) et le cabinet de recherche Wood Mackenzie. En cause : un changement d’orientation des politiques fédérales en faveur des énergies fossiles, une hausse des tarifs douaniers et une potentielle suppression des crédits d’impôt pour les énergies propres.

D’ici 2030, les nouvelles capacités installées aux États-Unis devraient être inférieures de plus de 10 % à celles de 2025, selon les prévisions du rapport. Cette tendance inquiétante survient alors que l’administration Trump multiplie les initiatives en faveur des combustibles fossiles, reléguant l’énergie solaire au second plan dans le cadre de son programme de « domination énergétique ». Le président républicain a notamment promis d’abroger les crédits d’impôt introduits par la loi sur la réduction de l’inflation (IRA) de 2022, pourtant essentielle à la croissance récente du secteur.

Le rapport pointe également les effets attendus des nouveaux droits de douane fédéraux sur des matériaux clés pour les projets solaires, comme l’acier et l’aluminium. Ces mesures, combinées à des taux d’intérêt élevés et à des politiques moins favorables dans certains États, ont déjà commencé à peser sur le secteur. Au premier trimestre 2025, les installations résidentielles ont chuté de 13 %, tombant à 1,1 gigawatt (GW).

Malgré ce contexte difficile, le secteur a affiché des signes de résilience. L’industrie a installé 10,8 GW au premier trimestre, un chiffre en légère baisse annuelle, mais toujours proche des records historiques. Huit nouvelles usines solaires ont été inaugurées ou agrandies durant la même période, notamment au Texas, en Ohio et en Californie. Le solaire a représenté à lui seul 69 % de la nouvelle production d’électricité au cours du trimestre.

Abigail Ross Hopper, présidente de la SEIA, a exprimé son inquiétude quant à l’avenir du secteur si le Congrès adopte les coupes prévues dans les crédits d’impôt : « Ce sont tous des signes positifs, dans l’ensemble. Mais le Congrès menace tout ce développement. »

D’ici à la fin de l’année, les installations solaires devraient atteindre 48,6 GW, mais ce chiffre pourrait chuter à 43,5 GW d’ici 2030 si les tendances actuelles se confirment. Seule l’augmentation attendue des tarifs d’électricité pourrait stimuler la demande résidentielle, rendant l’investissement dans le solaire plus attractif pour les particuliers. Toutefois, sans stabilité politique, l’essor du solaire reste fragile aux États-Unis.

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