Le Pentagone a annoncé vendredi la mise en place d’une nouvelle force opérationnelle conjointe dédiée à la lutte contre le trafic de stupéfiants en Amérique latine, une initiative qui marque un renforcement du rôle militaire américain dans la région.
Cette unité, baptisée Joint Task Force South, sera dirigée par le Corps des Marines basé au Camp Lejeune, en Caroline du Nord, et aura pour mission de coordonner les opérations aériennes, navales et de renseignement menées contre les réseaux de narcotrafic opérant depuis l’Amérique centrale jusqu’aux Caraïbes.
Selon un responsable du Département de la Défense, l’objectif est de centraliser la chaîne de commandement afin d’améliorer l’efficacité des missions en mer et dans les zones côtières où transitent la majorité des cargaisons de cocaïne et de fentanyl destinées au marché américain.
Des sources militaires ont indiqué que la force mènerait également des frappes ciblées contre des embarcations suspectes, une approche qui soulève toutefois des questions juridiques et diplomatiques, notamment lorsqu’il s’agit d’opérations dans les eaux territoriales d’États souverains.
Lors d’un briefing à Quantico, le président Donald Trump et le secrétaire à la Défense Pete Hegseth ont affirmé que ces efforts s’inscrivaient dans une stratégie plus large de sécurisation du continent américain. Trump a même évoqué la possibilité d’opérations terrestres limitées au Venezuela pour cibler les cartels soupçonnés d’y trouver refuge, bien qu’aucune décision formelle n’ait encore été prise.
Cette annonce intervient dans un contexte d’augmentation record des saisies de drogue dans la région et de coopération renforcée avec plusieurs pays d’Amérique latine, dont la Colombie, le Panama et le Honduras. Toutefois, certains experts en sécurité préviennent que la militarisation accrue de la lutte antidrogue pourrait raviver les tensions diplomatiques et entraîner des risques d’escalade régionale.