États-Unis : mort de Sarah Beckstrom, l'une des deux victimes de la Garde nationale visées par balle. (AP)
États-Unis : mort de Sarah Beckstrom, l'une des deux victimes de la Garde nationale visées par balle. (AP)

Le président Donald Trump a annoncé jeudi soir que la spécialiste Sarah Beckstrom, 20 ans, était morte des suites de ses blessures après la fusillade de mercredi. Le sergent-chef Andrew Wolfe, 24 ans, restait hospitalisé dans un état critique.

Tous deux étaient déployés avec la Garde nationale de Virginie-Occidentale dans la capitale fédérale dans le cadre de la mission de lutte contre la criminalité lancée par le président Donald Trump, une opération qui incluait la prise de contrôle du service de police local. Près de 2 200 membres de la Garde provenant de divers États étaient présents à Washington pour cette mission.

Selon la Garde nationale de Virginie-Occidentale, Sarah Beckstrom et Wolfe étaient en service à Washington depuis le mois d’août. Beckstrom, originaire de Summersville (Virginie-Occidentale), s’était portée volontaire pour participer à l’opération « afin d’assurer la sécurité de la capitale de notre nation », a indiqué la Garde nationale dans un communiqué. Diplômée de Webster County High School en juin 2023, elle s’était engagée dans la Garde le mois suivant, où elle servait « avec distinction » comme policière militaire. « Elle incarnait le leadership, le dévouement et le professionnalisme », a déclaré la Garde nationale.

L’autre soldat, Andrew Wolfe, toujours hospitalisé

Andrew Wolfe, originaire de Martinsburg (Virginie-Occidentale), s’était engagé en février 2019. Diplômé de Musselman High School la même année, il avait été, selon la porte-parole du district scolaire de Berkeley, Karla Troppman, un élève « actif, engagé et brillant ». La proviseure du lycée, Alicia Riggleman, l’a décrit comme « un étudiant exemplaire qui incarnait l’esprit Applemen et contribuait positivement à notre communauté scolaire tant sur le plan académique que sportif ».

Des précisions sur l’attaque

Jeanine Pirro, procureure des États-Unis pour le district de Columbia, a déclaré que le suspect, Rahmanullah Lakanwal, avait traversé le pays en voiture pour mener une attaque « de type embuscade » avec un revolver .357 Smith & Wesson.

Selon Jeffery Carroll, commandant adjoint de la police de Washington, la vidéo examinée par les enquêteurs montre que l’assaillant « a surgi au coin de la rue » et a immédiatement ouvert le feu sur les soldats.

Au moins un membre de la Garde a échangé des tirs avec le suspect, selon un responsable des forces de l’ordre qui a requis l’anonymat car il n’était pas autorisé à s’exprimer publiquement.Les militaires ont finalement maîtrisé le tireur, a indiqué Jeffery Carroll, et il a été placé en détention. Les autorités pensent qu’il était le seul agresseur.

Jeffery Carroll a expliqué qu’il n’était pas encore établi si l’un des soldats ou un policier avait blessé le suspect, et les enquêteurs n’avaient pour l’instant aucune indication sur son mobile. Les blessures du suspect ne seraient pas mortelles, selon un responsable.

Le tireur était arrivé aux états-Unis en 2021

Rahmanullah Lakanwal, 29 ans, est entré aux États-Unis en 2021 dans le cadre de l’opération Allies Welcome, un programme de l’administration Biden visant à évacuer et réinstaller des dizaines de milliers d’Afghans après le retrait américain chaotique du pays.

Selon l’organisation #AfghanEvac, Lakanwal avait déposé une demande d’asile sous l’administration Joe Biden, mais celle-ci a été approuvée sous l’administration Trump.

Les partisans du programme affirment qu’il impliquait un contrôle approfondi et qu’il constituait une bouée de sauvetage pour des personnes menacées par les représailles des talibans.

76 000 Afghans accueillis aux USA

Environ 76 000 Afghans ont été accueillis aux États-Unis, dont beaucoup avaient travaillé aux côtés des militaires et diplomates américains comme interprètes ou traducteurs. Le programme a toutefois fait l’objet de fortes critiques de la part de Donald Trump et d’autres Républicains, qui dénoncent des lacunes dans la procédure de vérification et la rapidité des admissions.

Avant son arrivée aux États-Unis, le suspect avait travaillé avec le gouvernement américain, notamment la CIA, « en tant que membre d’une force partenaire à Kandahar », a indiqué dans un communiqué le directeur de l’agence, John Ratcliffe. Il n’a pas précisé la nature exacte de ses fonctions mais a indiqué que cette collaboration avait « pris fin peu après l’évacuation chaotique » des forces américaines en Afghanistan.

Un habitant de la province afghane de Khost, se présentant comme un cousin de Lakanwal, a affirmé à l’Associated Press que celui-ci était originaire de la région. Selon lui, Lakanwal avait servi au sein d’une unité spéciale de l’armée afghane appelée Zero Units. Un ancien responsable de l’unité, également sous anonymat, a confirmé qu’il était chef d’équipe et que son frère était chef de section.

Les Zero Units étaient des unités paramilitaires afghanes soutenues par la CIA et impliquées en première ligne aux côtés d’officiers paramilitaires américains. Certaines ONG avaient rapporté des abus imputés à ces unités. Elles ont joué un rôle clé lors du retrait américain, assurant la sécurité autour de l’aéroport international de Kaboul.

Ce cousin affirme que Lakanwal avait commencé comme agent de sécurité en 2012, avant d’être promu chef d’équipe et spécialiste GPS.

Son ancienne propriétaire, Kristina Widman, a de son côté déclaré qu’il vivait dans l’État de Washington avec sa femme et leurs cinq enfants.

La procureure de Washington, Jeanine PirroPirro, a annoncé jeudi matin que Lakanwal était poursuivi pour agression avec intention de tuer armée, ainsi que pour possession d’une arme à feu dans le cadre d’un crime violent. À ce moment-là, les victimes étaient encore dans un état critique, et Pirro a précisé que les charges seraient requalifiées en meurtre au premier degré si elles venaient à mourir.

Partager