La communauté somalienne du Minnesota, l’une des plus importantes des États-Unis, vit dans la peur mais affiche une détermination intacte face à la multiplication des contrôles menés par les agents de l’ICE et aux commentaires polémiques du président Donald Trump. Depuis plusieurs semaines, nombre de résidents somaliens redoutent un profilage racial et une intensification des opérations ciblant spécifiquement leur communauté.
À Minneapolis, la fréquentation du Karmel Mall — un important centre commercial est-africain — a chuté, de nombreux habitants craignant d’être arrêtés lors de contrôles. Ifrah Farah, immigrée somalienne et propriétaire d’un salon de coiffure, témoigne d’une ambiance lourde où les familles limitent leurs déplacements par peur d’interpellations. « Nous ne savons jamais qui sera le prochain », confient certains commerçants.
Cette anxiété est alimentée par une vaste enquête pour fraude visant des membres de la communauté somalienne. Les autorités ont inculpé 77 personnes pour fraude aux aides d’urgence liées à la pandémie de COVID-19. Si le gouvernement affirme que les poursuites sont strictement liées à des faits criminels, des responsables communautaires dénoncent une stigmatisation généralisée. Ils craignent que l’affaire soit utilisée comme justification pour renforcer la surveillance ciblée et multiplier les descentes de l’ICE.
Les tensions se sont aggravées après des propos tenus par Donald Trump, jugés racistes, islamophobes et xénophobes par plusieurs leaders somaliens. Le président a notamment affirmé que les Somaliens étaient responsables de divers problèmes économiques et sécuritaires, des déclarations qui ont suscité la colère et l’indignation. Pour beaucoup, ces discours légitiment une hostilité croissante et renforcent les préjugés à l’encontre des immigrés musulmans.
Malgré la peur, les responsables communautaires appellent au calme et encouragent les Somaliens à rester solidaires, à défendre leurs droits et à continuer de faire entendre leur voix. Ils travaillent également avec des organisations locales pour fournir une assistance juridique, accompagner les familles inquiètes et dénoncer des pratiques qu’ils estiment discriminatoires. Dans un climat de méfiance et de tensions politiques accrues, la communauté tente de résister, soudée par la conviction que la peur ne doit pas l’emporter sur la dignité.