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Après une nouvelle fusillade dans le quartier Saint-Bruno de Grenoble, le maire Éric Piolle a vivement critiqué l’inefficacité des politiques sécuritaires et des caméras de vidéosurveillance pour endiguer la violence liée au trafic de drogue. Intervenant ce lundi matin sur franceinfo, Piolle a qualifié de « complète inefficacité » ces méthodes, citant en exemple une caméra installée pour 60 000 euros et détruite en vingt minutes. Il a également évoqué l’échec des dispositifs similaires dans d’autres villes, comme Nice et Valence, où la criminalité persiste.

Face à cette situation, Éric Piolle réclame une réponse nationale ambitieuse : « Il nous faut un véritable plan de narcotrafic pour la France », a-t-il affirmé, soulignant que cette problématique touche particulièrement les jeunes et les milieux défavorisés. Cette demande est partagée par de nombreux maires de grandes villes, tous partis confondus, confrontés à l’impact social et économique du trafic de drogue.

Piolle dénonce l’insuffisance des opérations répressives telles que le programme « Place Nette », qui déploie des forces de l’ordre dans les zones de deals pour des contrôles intensifs, mais sans effets durables. « Dès le lendemain, d’autres reviennent », observe-t-il, ajoutant que des renforts policiers sont nécessaires, au moins aux niveaux de 2022, pour assurer une présence dans l’espace public.

Le maire écologiste préconise également un changement de paradigme, misant sur une politique de prévention et de réduction des risques. Autrefois opposé à la légalisation du cannabis, il en est aujourd’hui un fervent défenseur, ayant évolué sur la question après étude de plusieurs rapports qui pointent l’échec des mesures répressives. « Les consommateurs de drogue ont souvent des problèmes de santé mentale », rappelle-t-il, appelant à traiter la consommation comme une question de santé publique.

Éric Piolle plaide par ailleurs pour une « vision globale » de lutte contre le narcotrafic, visant notamment à limiter le patrimoine des trafiquants, contrôler les flux d’armes, et renforcer la surveillance des ports stratégiques comme celui du Havre. Il demande également davantage de protection pour les « repentis » et pour les régions particulièrement touchées, comme les Antilles, qui subissent la pression croissante des réseaux de trafic.

Cette prise de position rejoint l’appel de Nathalie Appéré, maire de Rennes, qui, après une fusillade ayant blessé gravement un enfant de 5 ans, a exhorté le gouvernement à faire de la lutte contre le narcobanditisme une priorité nationale.

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