L’agence de notation américaine Standard & Poor’s (S&P) a annoncé ce vendredi soir maintenir la note de crédit de la France à « AA- » avec une perspective stable. Cette décision reflète les efforts du gouvernement pour réduire le déficit public, malgré un contexte politique marqué par des incertitudes.
Dans son communiqué, S&P souligne que, malgré l’instabilité politique, la France devrait à terme se conformer au cadre budgétaire européen, bien que des délais soient attendus. L’agence met également en avant la solidité de l’économie française, qualifiée d’ »ouverte » et de « diversifiée ».
Des signaux encourageants mais une vigilance accrue
Le maintien de la perspective stable indique qu’un changement de la note n’est pas attendu à court terme. Toutefois, S&P avertit qu’une dégradation pourrait survenir si le gouvernement échoue à réduire significativement le déficit public ou si la croissance économique reste durablement en deçà des projections.
Antoine Armand, ministre de l’Économie, a salué cette décision. « Elle témoigne de la reconnaissance des efforts engagés pour réduire le déficit et redresser nos finances publiques », a-t-il déclaré dans une réaction écrite. Il a toutefois rappelé que l’agence reste attentive à l’impact des incertitudes politiques sur cette trajectoire budgétaire.
Cette annonce intervient dans un contexte tendu. Le gouvernement, dirigé par Michel Barnier, est en position minoritaire à l’Assemblée nationale et doit multiplier les compromis pour éviter une motion de censure. Cette dernière pourrait être déposée dès la semaine prochaine, notamment si le gouvernement choisit d’utiliser l’article 49.3 pour faire passer le budget de la Sécurité sociale sans vote.
Pour apaiser certaines oppositions, l’exécutif a notamment renoncé à augmenter une taxe sur l’électricité au-delà de son niveau pré-bouclier tarifaire, une mesure visant à satisfaire le Rassemblement national (RN). Cependant, cette concession ne suffit pas à désamorcer les tensions.
Marine Le Pen, cheffe du RN, a critiqué ces ajustements qu’elle juge « non financés par des économies structurelles ». Selon elle, le gouvernement risque de « précipiter la crise financière » avec ces choix.
Une trajectoire budgétaire scrutée
Malgré les critiques, le Premier ministre Michel Barnier a réaffirmé son objectif de ramener le déficit public à environ 5 % du PIB en 2025, après une prévision de 6,1 % pour 2024. À plus long terme, la France espère repasser sous le seuil européen de 3 % d’ici 2029, une trajectoire déjà validée par Bruxelles.
Enfin, cette décision de S&P s’inscrit dans un contexte où les autres agences de notation, Moody’s et Fitch, ont également maintenu la note de la France, mais avec une perspective négative. Face à ces défis, la pression reste forte sur l’exécutif pour conjuguer réduction du déficit et stabilité politique, dans un climat économique incertain.