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À 33 ans, Philippe Brun, le député de l’Eure, veut bousculer la vieille garde socialiste et faire entendre une voix que personne n’attendait. En costard impeccable mais en mission pour la « France des ronds-points », cet outsider de la politique a quitté les salons parisiens pour prôner une gauche populaire, accessible et, surtout, enracinée dans le quotidien des travailleurs. Retour sur un parcours qui casse les codes !

Un gosse de Normandie face aux élites

Né dans une famille modeste – mère prof, père agent EDF – Philippe Brun a grandi en Normandie, loin des métropoles. Il aurait pu suivre le chemin de nombreux énarques en prenant un job de haut fonctionnaire à Paris, mais il en a décidé autrement. Son retour aux sources ? Le mouvement des Gilets jaunes. En novembre 2018, il est frappé par cette révolte spontanée et sans leader, qui explose aux portes de chez lui. Au lieu de la regarder de loin, il descend sur les ronds-points, retrouve des visages d’enfance et découvre les galères des amis d’antan. Pour lui, le choix est vite fait : il abandonne sa carrière parisienne et retourne vivre et travailler dans l’Eure.

« Quand j’ai vu ce que vivaient les gens de ma région, j’ai compris que je devais agir », dit-il. Et il ne se contente pas d’agir à distance. Pendant quatre ans, il combine sa vie de juge administratif avec un militantisme de terrain. Tous les jours, il fait du porte-à-porte pour entendre les doléances de ses concitoyens. Ce n’est donc pas un hasard s’il décroche son mandat de député en 2022, en pleine région RN, et devient la dernière ligne de défense de la gauche dans le coin.

Un électron libre dans un PS poussiéreux

Brun a beau être au Parti socialiste, il n’a rien du militant classique. En août dernier, il a carrément claqué la porte de la direction, critiquant les choix de son propre parti. Selon lui, le PS s’est trop éloigné des classes populaires et préfère jouer les alliances de circonstance avec d’autres partis au lieu d’écouter les gens. « Le PS a oublié ceux pour qui il est censé se battre », lance-t-il, sans prendre de pincettes.

Pour Brun, la solution passe par une nouvelle ligne qu’il appelle « Ligne populaire ». Et il ne s’arrête pas là. En 2021, il lance l’École de l’engagement, une formation politique gratuite dédiée aux ouvriers et aux employés, pour qu’eux aussi puissent avoir leur place dans les instances de pouvoir. « Ce que je veux, c’est des députés qui ressemblent aux gens ! »

Philippe Brun a des ambitions, et il ne s’en cache pas. Ce jeune loup de la politique est déjà en train de poser ses pions pour le prochain congrès socialiste de 2025. Certains disent qu’il pourrait se présenter contre Olivier Faure, le boss actuel du PS, qui incarne à ses yeux une gauche trop éloignée des réalités.

« Il est temps de ramener le PS dans la vraie vie », clame-t-il. Il ne s’agit pas de promesses en l’air : depuis quelques mois, Brun se rend dans les Fêtes de la rose, ces fameux rassemblements socialistes dans chaque région, pour promouvoir sa vision et mobiliser. Il parle de pouvoir d’achat, de services publics et d’emploi, des sujets bien concrets qui parlent à ceux qui l’écoutent.

Le défi d’une gauche vraiment populaire

Philippe Brun sait qu’il a du chemin à faire, et il se prépare. S’il veut peser au prochain congrès et imposer sa vision, il devra convaincre le PS qu’une gauche connectée aux classes populaires est encore possible. À l’Assemblée nationale, il affiche une détermination qui détonne dans les rangs socialistes : « Je ne suis pas là pour enfiler les perles, je suis là pour que la voix de ceux qui bossent soit enfin entendue. »

Le pari est audacieux, mais Brun croit en ses chances. Pour lui, le futur de la gauche doit passer par ceux qui vivent la réalité du quotidien et pas uniquement par les bureaux de la capitale. Qu’on se le dise, Philippe Brun n’a pas fini de faire parler de lui, et il n’a certainement pas fini de faire trembler l’establishment du Parti socialiste.

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