Dans une interview accordée au Parisien, le Premier ministre Michel Barnier a révélé les grandes lignes de son projet pour la France, tourné vers des réformes durables et concrètes. En vue de la présentation d’un plan d’action en décembre, il insiste sur la nécessité d’être à l’écoute des Français et sur l’importance de s’appuyer sur ses proches et les élus de terrain pour ajuster ses priorités et répondre aux aspirations populaires.
Un Premier ministre à l’écoute du pays
Michel Barnier fait de l’écoute la marque de fabrique de son action à Matignon. Depuis ses débuts en politique, il a appris l’importance de répondre à tous, un principe qu’il applique encore aujourd’hui. Lors de l’entretien, il a évoqué les courriers les plus marquants qu’il a reçus à l’Hôtel de Matignon, tels ceux de citoyens partageant des témoignages poignants, comme une collégienne victime de harcèlement. Pour capter les humeurs du pays, Michel Barnier préfère ne pas s’enfermer à l’hôtel de Matignon et continue de résider dans un appartement proche de l’Assemblée nationale. Soucieux de rester connecté aux réalités locales, il effectue de fréquentes visites sur le terrain pour rencontrer les élus et se tenir informé des préoccupations quotidiennes.
Le chef du gouvernement s’appuie sur un réseau de conseillers et de personnalités de confiance pour lui faire remonter les réalités du terrain. Il consulte régulièrement des figures de son entourage, des élus locaux, des chefs d’entreprise, ainsi que des membres de sa famille, comme son fils Nicolas, directeur de l’Agence Île-de-France ruralité, qui l’informe sur les questions économiques et entrepreneuriales. De plus, il n’hésite pas à solliciter ses anciens collaborateurs européens, qu’il a discrètement réunis à la veille du Conseil européen du 17 octobre, pour obtenir des points de vue variés sur les enjeux actuels.
Un plan de réformes ambitieux
Michel Barnier entend marquer sa gouvernance par un « plan de réformes à cinq ans » visant à transformer durablement le pays. Il a annoncé, lors de l’interview au Parisien, qu’il présenterait ce projet en décembre, en tant que suite à son discours de politique générale, pour mettre en œuvre des changements concrets pour les Français. Les pistes incluent la création d’un livret d’épargne industrielle, l’instauration d’une allocation sociale unique, la simplification des normes et le renforcement de la décentralisation pour donner plus de flexibilité aux territoires.
Pour nourrir sa réflexion, il a décidé de revisiter les cahiers de doléances de 2019, rédigés par les Français en réponse à la crise des Gilets jaunes, afin d’en extraire des propositions à soumettre au débat public, en collaboration avec le Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Un horizon à long terme malgré les incertitudes
Conscient de la fragilité de sa position à Matignon, Michel Barnier ne veut pas se contenter d’une simple gestion budgétaire. Il se projette sur le long terme avec l’horizon de 2029 en ligne de mire, espérant ramener le déficit budgétaire à 3 %. Avec sa boussole fixée sur la « persévérance, le changement et la rupture », il ambitionne de dépasser le rôle de gestionnaire et devenir un réformateur marquant durablement l’histoire du pays.