Le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à l’arrêt des frappes américaines
Le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à l’arrêt des frappes américaines

Les forces iraniennes ont lancé de nouvelles attaques contre des installations utilisées par l’armée américaine au Moyen-Orient, tandis que Washington a mené pendant sept heures une nouvelle vague de bombardements contre l’Iran. Téhéran affirme que le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à l’arrêt des opérations militaires américaines et menace désormais de bloquer d’autres voies essentielles aux exportations énergétiques de la région.

Le Corps des gardiens de la Révolution a annoncé mercredi 15 juillet que les opérations de représailles iraniennes allaient se poursuivre. « Le détroit d’Ormuz restera fermé jusqu’à ce que les États-Unis mettent fin à leurs actes d’agression », a déclaré l’organisation militaire iranienne dans un communiqué diffusé par la télévision d’État.

Téhéran affirme exercer sa souveraineté sur ce passage maritime et refuse que Washington contrôle les routes empruntées par les navires commerciaux. Avant le début de la guerre, près d’un cinquième des échanges mondiaux de pétrole et de gaz transitait quotidiennement par ce détroit situé entre l’Iran et Oman. Les États-Unis contestent la fermeture annoncée par l’Iran et continuent d’accompagner certains navires par une route méridionale longeant les côtes omanaises.  

Les gardiens de la Révolution ont également menacé de fermer d’autres corridors maritimes servant les intérêts des États-Unis et de leurs alliés. « Les exportations énergétiques régionales seront accessibles à tous ou à personne », ont-ils averti. Cette menace pourrait notamment concerner le détroit de Bab el-Mandeb, entre la mer Rouge et le golfe d’Aden, où les rebelles houthis du Yémen disposent de capacités militaires importantes.  

Une base utilisée par les Américains visée en Jordanie

L’armée iranienne a affirmé avoir attaqué la base aérienne d’Azraq, dans le nord de la Jordanie, utilisée par des forces américaines. Les gardiens de la Révolution disent avoir visé des hangars abritant des appareils militaires, après avoir accusé Washington d’utiliser le territoire jordanien pour lancer certaines frappes contre l’Iran.

L’armée jordanienne a annoncé que trois missiles balistiques tirés depuis le territoire iranien avaient pénétré dans son espace aérien. Les trois projectiles ont été interceptés et détruits par la défense aérienne jordanienne. Aucun bilan humain n’a été annoncé dans l’immédiat et les affirmations iraniennes concernant les dégâts causés sur la base n’ont pas été confirmées indépendamment.  

La Cinquième flotte américaine ciblée à Bahreïn

Téhéran a également affirmé avoir frappé plusieurs installations rattachées à la Cinquième flotte américaine à Bahreïn. Le dispositif naval américain a son quartier général dans ce petit royaume du Golfe, situé à quelques centaines de kilomètres des côtes iraniennes. Selon les gardiens de la Révolution, les missiles ont visé un centre de commandement, des infrastructures logistiques, des entrepôts de matériel militaire et des sites de stockage de carburant. Les autorités bahreïnies ont déclenché les sirènes d’alerte aérienne au cours de la nuit. Aucun bilan complet n’était disponible mercredi matin et l’étendue des dégâts revendiqués par l’Iran restait inconnue.  

Un site touché au Koweït, des drones interceptés

Les forces iraniennes disent avoir attaqué un centre américain de soutien logistique situé à Mina Abdullah, au Koweït. Elles affirment que l’installation a été incendiée et détruite. L’agence de presse officielle koweïtienne a confirmé qu’un incendie avait été maîtrisé sur un site touché pendant les attaques, sans établir immédiatement s’il s’agissait de la même installation. La défense aérienne koweïtienne a également annoncé avoir engagé plusieurs drones iraniens. Des alertes ont été déclenchées pendant la nuit alors que des missiles et des appareils sans pilote se dirigeaient vers différents sites militaires du pays.  

Sept heures de bombardements américains contre l’Iran

Les bombardements ont principalement touché les régions iraniennes proches du détroit d’Ormuz et plusieurs secteurs du littoral. Des avions de combat, des drones et des bâtiments de guerre américains ont visé des installations militaires, des systèmes de missiles, des positions utilisées pour lancer des drones et des moyens de défense côtière. Plusieurs explosions ont été signalées à Bandar Abbas, à Ahvaz, à Bouchehr ainsi que dans la province du Sistan-et-Baloutchistan.  Le ministère iranien de la Santé a annoncé que plus de 260 personnes avaient été blessées pendant cette nouvelle nuit de frappes, sans communiquer immédiatement le nombre de morts. Ce bilan provisoire est nettement supérieur à ceux annoncés après les précédentes vagues de bombardements. Les autorités iraniennes n’ont pas encore donné d’évaluation complète des destructions causées aux infrastructures militaires et civiles.  

Washington rétablit le blocus des ports iraniens

Les États-Unis ont rétabli leur blocus naval des ports iraniens, suspendu à la mi-juin après la conclusion d’un accord provisoire avec Téhéran. Les forces américaines doivent empêcher les navires de rejoindre ou de quitter les ports du pays et contrôler les bâtiments soupçonnés de transporter des cargaisons destinées à l’Iran.

Au moins 19 navires de guerre américains sont actuellement déployés en mer d’Arabie, dont deux porte-avions et un bâtiment d’assaut amphibie transportant plus de 1 000 marines. Des centaines d’appareils militaires américains sont également présents dans la région. Washington affirme que l’Iran a attaqué sept navires commerciaux au cours de la dernière semaine, provoquant la mort, la disparition ou les blessures de près d’une douzaine de marins.  

Donald Trump menace les centrales électriques et les ponts iraniens

Donald Trump a annoncé que les opérations américaines allaient se poursuivre pendant les prochains jours. Le président des États-Unis a menacé de frapper des centrales électriques, des ponts et d’autres infrastructures si l’Iran ne reprend pas les négociations.

« Il vaut mieux conclure un accord, sinon il ne vous restera plus rien », a lancé Donald Trump. Il a également déclaré qu’il réservait les installations énergétiques iraniennes pour une prochaine étape des bombardements. Au moins un pont aurait déjà été visé par les forces américaines.  

Le président américain avait d’abord envisagé d’imposer une taxe de 20% aux navires traversant le détroit d’Ormuz. Il a finalement abandonné cette proposition après des échanges avec plusieurs dirigeants du Golfe, affirmant vouloir obtenir à la place de nouveaux investissements de plusieurs milliards de dollars aux États-Unis.

Téhéran menace désormais les autres routes énergétiques

Les gardiens de la Révolution ont prévenu que l’Iran pourrait bloquer d’autres routes utilisées pour les exportations de pétrole et de gaz des alliés de Washington. « Les exportations d’énergie de la région seront accessibles à tous ou à personne », a déclaré l’organisation militaire iranienne.

Cette menace vise notamment le détroit de Bab el-Mandeb, passage reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont déjà menacé d’en fermer l’accès. Une telle décision toucherait les exportations pétrolières saoudiennes et une partie importante du trafic maritime international.  

L’accord provisoire de juin désormais menacé

L’accord conclu en juin prévoyait une période de 60 jours pour négocier sur le programme nucléaire iranien et les conditions de circulation dans le détroit d’Ormuz. L’Iran avait accepté de ne pas faire payer le passage des navires pendant cette période. Les discussions sont désormais bloquées et les combats ont repris avec une intensité croissante.

Téhéran revendique le droit de contrôler la circulation dans le détroit et envisage de faire payer certains passages. Les États-Unis exigent au contraire une navigation libre, sans autorisation iranienne ni péage. Les médiateurs régionaux tentent toujours de ramener les deux pays à la table des négociations, alors que les frappes touchent désormais plusieurs États accueillant des forces américaines.

Le trafic pétrolier sous pression

En temps normal, près d’un cinquième des échanges mondiaux de pétrole et de gaz passent par le détroit d’Ormuz. Sa fermeture perturbe les livraisons, ralentit le passage des pétroliers et augmente les risques pour les équipages.

Le cours du Brent a atteint son niveau le plus élevé depuis plus d’un mois avant de reculer après l’abandon du projet américain de taxe sur les navires. La poursuite des bombardements, le rétablissement du blocus et les menaces iraniennes contre d’autres passages maritimes font cependant peser un risque durable sur l’approvisionnement énergétique mondial.  

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