Winners Press Conference – 77th Cannes Film Festival
epa11370229 Mohammad Rasoulof, winner of the 'Special Award for Best Screenplay,' attends the Palme D'Or winner press conference of the 77th annual Cannes Film Festival, in Cannes, France, 25 May 2024. The film festival runs from 14 to 25 May 2024. EPA/Kristy Sparow / POOL *** Local Caption *** CANNES, FRANCE - MAY 25: Karla Sofía Gascón, winner of the 'Best Actress' Award for 'Emilia Perez,' attends the Palme D'Or winner press conference at the 77th annual Cannes Film Festival at Palais des Festivals on May 25, 2024 in Cannes, France. (Photo by Kristy Sparow/Getty Images)

Mohammad Rasoulof, cinéaste iranien en exil, représentera l’Allemagne aux Oscars 2025 avec son dernier film, Les graines du figuier sauvage. Tourné en secret en Iran, ce thriller plonge dans les tourments d’une famille confrontée à la répression du régime, en pleine vague de manifestations après la mort de Mahsa Amini en 2022. Le film, salué pour sa profondeur narrative et primé à Cannes, incarne un symbole de résistance artistique. Financé par des productions françaises et allemandes, il reflète la volonté de dénoncer les réalités politiques tout en célébrant la résilience humaine.

Contraint de fuir l’Iran à pied en 2024 pour échapper à une condamnation de huit ans de prison, Rasoulof a trouvé refuge en Allemagne, où il continue de créer malgré l’exil. Si l’Allemagne a soumis son film pour l’Oscar du Meilleur film international, l’Iran a choisi une œuvre plus consensuelle, In The Arms Of The Tree, mettant en avant les « beautés » du pays. Cette divergence souligne le poids de la censure dans un régime qui réprime systématiquement les voix critiques, laissant des artistes comme Rasoulof porter leur message hors de leurs frontières.

En parallèle de sa participation aux Oscars, Rasoulof travaille sur un projet d’animation consacré à Abbas Nalbandian, dramaturge engagé ayant marqué l’histoire de la révolution iranienne. Pour le réalisateur, représenter l’Allemagne avec son film est à la fois une fierté et un rappel douloureux de son exil : « L’Iran me manque énormément. » Avec ce nouveau chapitre, Rasoulof affirme son rôle de porte-parole des cinéastes opprimés et défend la liberté d’expression à l’échelle internationale.

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