Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, Antoine Armand, ministre de l’Économie, défend un projet de loi de finances qu’il juge vital pour le pays. Il appelle à la responsabilité politique face aux défis économiques et budgétaires qui attendent la France.
Pour Antoine Armand, le maintien de la note AA- de la France par l’agence Standard & Poor’s est une lueur d’espoir, mais aussi un signal d’alerte. « La stabilité de notre note et de sa perspective témoigne de la crédibilité des efforts engagés pour redresser les finances publiques. Mais en cas d’instabilité politique, les conséquences économiques pourraient être graves », avertit-il.
L’absence d’un budget voté aurait des effets directs sur les Français : hausse automatique de l’impôt sur le revenu pour 17 millions de contribuables, blocage de financements pour des secteurs essentiels comme le logement ou l’agriculture, et renchérissement des emprunts pour l’État. « Ce serait une double peine pour les Français, dans un contexte déjà marqué par des incertitudes économiques », affirme le ministre.
Le rejet du projet de loi de finances par l’Assemblée nationale et les exigences formulées par certains partis, notamment le Rassemblement national, sont pointés du doigt par Antoine Armand. « On ne peut pas revendiquer être patriote tout en ajoutant des lignes rouges à un moment où la France a besoin de stabilité. Mettre en péril le budget, c’est viser directement les Français », déclare-t-il, sans détours.
Il reconnaît les concessions faites par le gouvernement, notamment sur la suppression des taxes sur l’électricité ou la réduction de la baisse des charges sur les bas salaires, mais rejette toute soumission à des « ultimatums ». « Le débat parlementaire doit aboutir à un compromis responsable. Nous ne céderons pas à des exigences fluctuantes, mais nous continuerons à dialoguer dans l’intérêt du pays », insiste-t-il.
Pour relancer l’économie française tout en maîtrisant les finances publiques, Antoine Armand décline une feuille de route articulée autour de trois axes majeurs.
La rigueur budgétaire : Le ministre insiste sur l’importance d’un suivi strict des dépenses publiques pour contenir le déficit. « Nous devons surveiller chaque euro dépensé et continuer à réduire les coûts administratifs et les effectifs publics, tout en protégeant les investissements prioritaires », explique-t-il.
Libérer l’économie : La simplification administrative est présentée comme un levier clé pour dynamiser l’activité économique. « La complexité des normes est un fardeau silencieux pour nos entreprises. Nous engageons une révision ambitieuse pour supprimer des réglementations inutiles », annonce-t-il.
Protéger la souveraineté économique : Dans un contexte de concurrence internationale accrue, le ministre plaide pour une défense des technologies critiques et des industries stratégiques françaises. Il propose notamment de renforcer les investissements via des outils comme la Caisse des dépôts ou la Banque publique d’investissement. « Nous devons être plus fermes et souverains dans nos choix économiques, en protégeant nos savoir-faire et en soutenant les secteurs d’avenir », déclare-t-il.
Alors que la filière automobile traverse une crise, Antoine Armand défend l’échéance de 2035 pour l’arrêt des moteurs thermiques en Europe. « Ce virage est incontournable. Nous devons soutenir nos constructeurs tout en nous protégeant d’une concurrence internationale déloyale », argue-t-il.
S’il reconnaît une réduction du bonus à l’achat de véhicules électriques dans le budget, il insiste sur la nécessité de maintenir ce soutien, même à un niveau modéré. « Là où d’autres pays suppriment totalement ces aides, nous faisons le choix de les préserver pour accompagner la transition », précise-t-il.
Conscient des défis économiques à venir, Antoine Armand se veut pragmatique et résolu. « Rétablir nos finances publiques, alléger les contraintes pesant sur nos entreprises et défendre notre souveraineté économique sont les clés pour une France compétitive et résiliente », résume-t-il.
Malgré les tensions autour du budget, le ministre reste optimiste : « Nous avons la capacité de transformer ces défis en opportunités. Ce n’est pas le moment de céder au fatalisme, mais de se battre pour l’avenir économique de notre pays. »