La comète Lemmon offre un dernier éclat avant mille ans d’absence
La comète Lemmon offre un dernier éclat avant mille ans d’absence

Elle traverse discrètement notre ciel d’automne, auréolée d’une lumière verte que l’on ne reverra pas de sitôt. La comète C/2025 A6 (Lemmon), surgie des confins glacés du Système solaire, frôle la Terre ces jours-ci avant de disparaître pour près d’un millénaire. Les astronomes du monde entier scrutent sa trajectoire, conscients d’assister à un spectacle rarissime, réservé à cette seule génération.

Une voyageuse née aux frontières du Système solaire

Née dans le lointain nuage d’Oort, cette comète est un fragment de glace et de poussière âgé de plusieurs milliards d’années. Comme ses semblables, elle conserve les matériaux originels du jeune Soleil, restés presque intacts depuis l’aube du système solaire. Lorsqu’elle s’approche des régions plus chaudes, la chaleur solaire réveille son noyau gelé, libérant des gaz et formant la longue chevelure lumineuse qui la rend visible à l’œil nu. C’est au début de l’année, en janvier, qu’elle a été repérée pour la première fois. À l’époque, elle n’était qu’un point pâle, presque indiscernable des astéroïdes ordinaires. Mais à mesure de sa progression vers le Soleil, la comète s’est embrasée, dévoilant une teinte émeraude saisissante. Cette couleur singulière provient du carbone diatomique (C₂), une molécule qui, en se décomposant sous l’effet du rayonnement solaire, émet une lumière verte. Sa queue, quant à elle, se divise en deux : une traînée de poussière et de glace, et une autre composée d’ions excités par le vent solaire. Les scientifiques soulignent que chaque comète a sa propre signature chimique. Certaines sont riches en dioxyde de carbone, d’autres dominées par la glace d’eau. Leur éclat et leur forme varient souvent en quelques heures, parfois jusqu’à se fragmenter sous l’effet de la chaleur. Ce caractère imprévisible fascine les observateurs, qui comparent ces phénomènes à des respirations cosmiques.

Une apparition unique sous le ciel d’octobre

Ce 21 octobre marque son passage au plus près de la Terre, coïncidant avec la nouvelle lune. L’absence de clarté lunaire offre ainsi des conditions idéales pour l’observer. Les astronomes conseillent de lever les yeux vers l’horizon ouest, juste après le coucher du soleil. La comète devrait scintiller non loin des constellations du Scorpion et de la Balance, apparaissant comme une lueur verdâtre diffuse. Elle restera visible jusqu’au début du mois de novembre avant de s’effacer lentement dans l’obscurité. Pour mieux l’admirer, des jumelles ou un appareil photo sont recommandés. Ces instruments révèlent les détails de sa coma (le nuage lumineux entourant le noyau) et les variations de sa queue. Les plus chanceux pourront même observer de légères ondulations, signe de petits fragments qui se détachent au fil du voyage. Cette nuit-là, le ciel réserve d’ailleurs un double spectacle : le passage de Lemmon coïncide avec le pic de la pluie de météores des Orionides, issue des débris laissés par la comète Halley. Une rencontre céleste d’une rare beauté, où le vert de Lemmon croisera les traits lumineux des météores filant dans le noir. Pour les passionnés, des applications d’astronomie ou les calendriers officiels d’observation permettent de connaître précisément les heures de visibilité selon la région. Car lorsque Lemmon s’éteindra, elle repartira vers les confins du Système solaire pour un voyage qui durera un millénaire. Un adieu lumineux, avant un très long silence cosmique.

Que retenir rapidement ?

Elle traverse discrètement notre ciel d’automne, auréolée d’une lumière verte que l’on ne reverra pas de sitôt. La comète C/2025 A6 (Lemmon), surgie des co

Partager