L’Iran a exécuté au moins 975 personnes en 2024, un chiffre record qui illustre l’escalade brutale de la répression politique menée par le régime islamique. Selon un rapport publié ce jeudi par les ONG Iran Human Rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), il s’agit du nombre d’exécutions le plus élevé jamais recensé depuis 2008, et ce bilan serait encore sous-estimé. La quasi-totalité de ces mises à mort ont été menées dans l’ombre, 90 % des exécutions n’étant pas officiellement annoncées par les autorités.
Le régime iranien utilise la peine de mort comme un instrument de terreur pour écraser toute opposition. Depuis la vague de contestation déclenchée par la mort de Mahsa Amini en 2022, Téhéran a intensifié sa politique répressive, avec jusqu’à six exécutions par jour. Officiellement justifiées par des crimes liés à la drogue, des meurtres ou des viols, ces exécutions visent également des opposants politiques sous des accusations floues comme la « corruption sur terre » ou la « rébellion ». Le rapport souligne notamment que plusieurs condamnés ont été exécutés après des procès expéditifs et souvent entachés d’irrégularités, tandis que la torture et les aveux forcés demeurent des pratiques courantes.
Parmi les victimes de cette répression, on compte 31 femmes et plusieurs mineurs au moment des faits reprochés. Des figures du mouvement « Femme, Vie, Liberté » restent sous la menace d’une exécution imminente, comme les militantes kurdes Pakhshan Azizi et Varisheh Moradi, condamnées pour leur engagement humanitaire. Les minorités ethniques, en particulier les Baloutches et les Kurdes, sont les plus touchées par cette politique répressive, victimes d’une discrimination systématique.
La République islamique d’Iran, deuxième pays au monde en nombre d’exécutions après la Chine, continue d’utiliser la terreur pour maintenir son emprise sur la population. L’inaction de la communauté internationale face à cette vague d’exécutions laisse craindre une impunité totale pour un régime qui, année après année, pousse toujours plus loin la brutalité de sa répression.