L’annonce soudaine du gel du budget alloué à la part collective du pass Culture jusqu’à la fin de l’année scolaire a déclenché une vague de colère parmi les enseignants et les acteurs du monde culturel. Ce dispositif, qui permet aux collèges et lycées d’organiser des sorties culturelles et de financer des projets artistiques, se retrouve ainsi brusquement suspendu, mettant en péril de nombreuses initiatives déjà en cours. Face aux critiques, la ministre de l’Éducation, Élisabeth Borne, tente de rassurer : si le budget est temporairement bloqué, « l’objectif de proposer des enseignements artistiques et culturels aux élèves reste intact ».
Du côté des syndicats enseignants et des chefs d’établissements, la pilule ne passe pas. Le SNPDEN-Unsa parle d’un véritable « hold-up » budgétaire, tandis que la CGT Éduc’action dénonce une « attaque surprise sur la culture ». Pour eux, cette décision met à mal l’ambition d’ouverture culturelle portée par l’école et fait peser une incertitude insoutenable sur des projets soigneusement préparés. Dans le monde artistique, même indignation : Emmanuel Demarcy-Mota, directeur du Théâtre Sarah-Bernhardt, s’inquiète d’un coup porté au service public de la culture, et le syndicat national des arts vivants (Synavi) regrette des annulations en cascade.
Face à cette pression, Élisabeth Borne a annoncé la réouverture prochaine de la plateforme de réservation, assurant que les projets déjà validés ou préréservés seraient financés. Mais cette crise met en lumière un enjeu plus large : la nécessité d’une gestion plus prévisible des budgets culturels pour éviter ces suspensions brutales. Alors que le succès du pass Culture est incontesté – avec 160 000 actions culturelles financées et près de quatre millions d’élèves concernés –, la ministre évoque désormais une évaluation du dispositif pour garantir son équité et son efficacité. Reste à voir si cette annonce suffira à apaiser la colère des enseignants et des artistes, soucieux de préserver l’accès des jeunes à la culture.