Depuis le 1er janvier 2025, les tickets-restaurant ne peuvent plus être utilisés pour faire ses courses dans les supermarchés, à moins d’acheter des produits alimentaires immédiatement consommables. En effet, la dérogation étendue depuis 2022, permettant l’utilisation des titres-restaurant pour des achats divers comme des pâtes, des produits ménagers ou des surgelés, n’a pas été prolongée pour 2025, faute d’accord budgétaire. Cependant, dans la pratique, certains supermarchés continuent d’accepter ces paiements, créant un flou juridique et des tensions avec les restaurateurs, qui dénoncent ce non-respect des règles.
Les produits alimentaires éligibles restent limités : plats cuisinés à réchauffer, fruits, légumes, salades, charcuterie, produits laitiers, et boissons non alcoolisées peuvent toujours être payés avec des tickets-restaurant. En revanche, des produits comme les pâtes, le riz, l’huile, le beurre, ou les œufs, qui nécessitent une préparation, ne sont plus acceptés. La liste des produits éligibles pourrait cependant évoluer rapidement.
Les supermarchés semblent jouer la carte de l’attente, en espérant que le législateur trouve une solution. Une proposition de loi visant à prolonger l’utilisation des titres-restaurant dans les grandes surfaces sera débattue au Sénat le 15 janvier 2025, avec de grandes chances d’adoption rapide. En attendant, certains magasins n’ont pas encore modifié leur système de caisse, continuant à accepter les titres-restaurant comme avant.
Les restaurateurs, de leur côté, restent inquiets. Ils réclament des contrôles plus stricts et déplorent l’application laxiste de la réglementation. De plus, des réformes plus radicales sont évoquées pour éviter un « bricolage législatif » constant, comme la création de plafonds distincts pour les achats en restauration et en supermarché, afin de protéger leur activité tout en répondant aux attentes des consommateurs.
Reste à savoir si la législation finira par s’adapter aux nouvelles réalités économiques, ou si la situation restera floue, avec une application variable selon les enseignes. Le débat législatif de janvier pourrait bien être déterminant pour l’avenir des tickets-restaurant dans les supermarchés.