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À l’occasion des quarante ans de Canal+, de nombreuses personnalités emblématiques ont été invitées par La Tribune du Dimanche à se replonger dans l’histoire de la chaîne qui a marqué la télévision française. Omar Sy, comédien et acteur international désormais reconnu, fait partie de ceux qui ont exprimé leur nostalgie et déception face aux changements opérés par Canal+ depuis plusieurs années. Ce dernier, qui s’est fait connaître grâce au « SAV des émissions » aux côtés de Fred Testot, ne reconnaît plus l’esprit audacieux qui caractérisait autrefois la chaîne.

« J’ai tout appris à Canal+ »

Omar Sy a débuté sa carrière à Canal+ alors qu’il n’avait que 19 ans. La chaîne cryptée, avec sa programmation avant-gardiste et son esprit satirique, a été pour lui une école de la télévision et de la créativité. « C’est Canal qui m’a fait basculer dans cet autre monde », confie-t-il. « J’étais un gamin, je n’avais que 19 balais. Donc quand je suis arrivé, j’observais et j’apprenais. Ce fut mon centre de formation ». Il témoigne d’une profonde reconnaissance pour Alain De Greef, alors directeur des programmes, qui avait su offrir un espace de liberté et de formation à de jeunes talents comme lui.

Cependant, Omar Sy déplore la transformation de Canal+, devenue en 2014 une filiale du groupe Vivendi, propriété de Vincent Bolloré. Selon lui, la chaîne a perdu sa capacité à incarner un modèle culturel en avance sur son temps : « Quand tu vois la chaîne aujourd’hui, tu te demandes comment elle peut porter le même nom », a-t-il exprimé avec amertume. À ses yeux, Canal+ n’est plus synonyme de « révolution télévisuelle », mais d’une plateforme parmi d’autres, loin de l’époque où elle « faisait toujours basculer le pays dans ce qu’il allait être. Et à cette époque, c’était toujours dans le bon sens ».

Michel Denisot partage la même nostalgie

Michel Denisot, ancien animateur du Grand Journal et figure historique de la chaîne, partage cette opinion. Selon lui, l’évolution du marché télévisuel a dilué l’originalité de Canal+. « On était la quatrième chaîne, il y en a 400 maintenant. Le business n’est plus le même », souligne Denisot, pour qui l’époque où les émissions cultes telles que Les Guignols de l’info et Le Grand Journal faisaient l’identité de la chaîne est désormais révolue. Malgré tout, Denisot reste fidèle aux contenus cinéma et sportifs de la chaîne, tout comme Omar Sy, qui reconnaît l’importance de Canal+ dans sa carrière, mais préfère se tenir à l’écart des nouvelles orientations prises.

L’évocation de ces souvenirs et de cette transformation met en lumière un certain désenchantement de la part de ceux qui ont contribué à forger l’âme de Canal+ et qui voient désormais une institution, jadis pionnière, s’éloigner de ses valeurs d’origine.

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