Le député de Moselle, Belkhir Belhaddad, a annoncé ce vendredi son départ du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale. En désaccord avec la ligne adoptée par son groupe sur les questions migratoires, il a particulièrement contesté le vote d’une proposition de loi visant à restreindre le droit du sol à Mayotte. Il estime que cette décision marque un « glissement vers les idées du Rassemblement national », une orientation incompatible avec ses engagements politiques et ses valeurs.
L’élu, qui avait déjà voté contre la loi Immigration en 2023, critique également la volonté du gouvernement de lancer un débat national sur l’identité française. Il considère que ce type d’initiative risque de nourrir des divisions plutôt que de proposer des solutions concrètes. En quittant le groupe présidé par Gabriel Attal, qui compte désormais 94 députés, Belhaddad devient non-inscrit et indique vouloir prendre du recul avant d’envisager une nouvelle affiliation parlementaire.
Du côté de la majorité présidentielle, cette démission ne semble pas susciter d’émotion particulière. Un membre du groupe a confié à BFMTV qu’il valait mieux avoir un « groupe resserré et aligné plutôt que d’avoir des tireurs en interne ». Cette réaction illustre la volonté de la majorité de maintenir une ligne politique cohérente face aux tensions internes provoquées par les débats sur l’immigration.
Ce départ témoigne néanmoins des fractures qui traversent la macronie sur ces sujets sensibles. Alors que certains députés plaident pour un durcissement des règles migratoires, d’autres, comme Belkhir Belhaddad, refusent de suivre cette évolution et dénoncent un abandon des valeurs progressistes portées lors des campagnes électorales précédentes.