Angeac-Charente : de nouveaux ossements révèlent l’ampleur du dinosaure géant découvert en 2024
Angeac-Charente : de nouveaux ossements révèlent l’ampleur du dinosaure géant découvert en 2024

Le site paléontologique d’Angeac-Charente continue de livrer des vestiges exceptionnels issus du crétacé inférieur. Au cours de l’été 2025, les équipes de fouilles ont mis au jour une série d’ossements appartenant à une nouvelle espèce de sauropode, initialement repérée en 2024. L’étendue des découvertes permet aujourd’hui de compléter de larges parties de son squelette, notamment la quasi-totalité de la colonne vertébrale. Les premiers indices de cette saison ont surgi dès l’installation du site. Malgré quelques jours infructueux, le déplacement de la zone de fouilles a permis d’exhumer des éléments complémentaires : vertèbres, os du bassin, côtes, dents, mâchoire et une imposante omoplate encore en cours de dégagement. L’ensemble pourrait permettre, à court terme, la reconstitution virtuelle complète de ce spécimen dont la longueur est estimée entre 15 et 20 mètres. Le dinosaure, apparenté au genre des camarasaures, se distingue par certaines caractéristiques morphologiques inédites qui laissent envisager une espèce jusqu’alors inconnue. Sa découverte, amorcée en 2024, a été rendue possible par des dents dites « spatulées », typiques de certains sauropodes, mais dont les traits ne correspondaient à aucun spécimen connu.

Un contexte paléontologique exceptionnel

L’environnement d’Angeac-Charente, conservé dans des couches argileuses vieilles de 140 millions d’années, constitue un gisement rare. Il permet aux chercheurs de reconstituer des écosystèmes entiers de l’époque. Outre le nouveau sauropode, des restes de crocodiles, tortues, reptiles volants et petits mammifères ont été découverts. Les paléontologues ont également recensé une soixantaine d’ornithomimosaures, suggérant la présence d’un troupeau, une configuration inédite dans ce type de registre fossile. L’équipe de recherche souligne que ce site constitue un instantané de la transition entre le jurassique et le crétacé, période encore peu documentée. Certaines trouvailles, comme celles de dents de théropodes ou de restes attribués aux stégosaures, pourraient conduire à réévaluer les limites chronologiques entre les ères géologiques. Depuis 2010, date de la découverte accidentelle du site, plus de 120 000 pièces ont été extraites. Chaque été, les fouilles se poursuivent pendant trois semaines avant que le site ne soit recouvert par les eaux afin de préserver les couches sédimentaires. Les chercheurs estiment pouvoir poursuivre les explorations pendant encore une dizaine d’années.

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