Warren Buffett restera président de Berkshire Hathaway après son départ comme PDG en 2026
Warren Buffett restera président de Berkshire Hathaway après son départ comme PDG en 2026

Warren Buffett cédera la direction générale de Berkshire Hathaway à Greg Abel début 2026, mais restera président du conseil d’administration, a annoncé dimanche le conglomérat américain. Cette décision vise à rassurer les investisseurs sur la stabilité de l’empire bâti par le légendaire investisseur de 94 ans, dans un contexte mondial marqué par des turbulences économiques et une montée des tensions commerciales.

Le conseil d’administration a approuvé à l’unanimité la nomination de Greg Abel, actuel vice-président chargé des activités hors assurance du groupe, comme successeur au poste de PDG. Buffett a créé la surprise samedi en annonçant qu’il quitterait ses fonctions exécutives d’ici la fin de l’année, une étape majeure dans la transition d’une entreprise qu’il dirige depuis plus de 60 ans.

À l’ouverture des marchés lundi, l’action Berkshire Hathaway reculait de plus de 2 %, signe des incertitudes entourant l’après-Buffett.

Sous sa houlette, Berkshire est passé d’une modeste entreprise textile du Massachusetts à un conglomérat tentaculaire, propriétaire notamment de Dairy Queen, du réseau ferroviaire BNSF et de plusieurs compagnies d’assurance. Le cours de l’action a grimpé de manière quasi continue, avec un rendement annuel moyen de 19,9 %, contre 10,4 % pour le S&P 500.

Des spéculations circulaient sur la possible nomination du fils de Warren Buffett, Howard, à la présidence du conseil. Ce dernier avait déclaré qu’il souhaitait voir Howard lui succéder à ce poste après sa mort. Pour l’heure, il conserve son fauteuil, tandis que Greg Abel prendra les rênes opérationnelles d’un groupe confronté à plusieurs défis : tensions commerciales, risques de scission, et une trésorerie colossale de 348 milliards de dollars à investir prudemment.

Abel, Canadien discret passionné de hockey, est déjà en charge de nombreuses filiales industrielles du groupe, mais n’a pas encore la main sur les décisions d’investissement, qui restent l’apanage de Buffett. Ce dernier a toutefois réaffirmé sa confiance totale en lui : « Je n’ai aucune intention de vendre une seule action de Berkshire. Je les donnerai un jour, mais je pense que les perspectives de l’entreprise sont meilleures sous la direction de Greg que sous la mienne. »

La gestion de sa fortune personnelle — estimée à près de 170 milliards de dollars — reviendra à ses trois enfants, dont Howard, désignés comme administrateurs de son trust à sa mort. Buffett a déjà donné des dizaines de milliards, notamment à la fondation Gates.

Des hommages ont afflué tout le week-end. Le patron d’Apple, Tim Cook, a salué « la sagesse unique » de Buffett, tandis que Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, a vanté « l’intégrité, l’optimisme et le bon sens » de celui qui incarne, selon lui, « tout ce que le capitalisme américain a de meilleur ».

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