Ancien grand patron de l’industrie publique, Loïk Le Floch-Prigent est décédé dans la nuit de mardi à mercredi à l’hôpital Cognac-Jay à Paris, des suites d’une longue maladie. Il avait 81 ans. Sa disparition a été annoncée par son épouse à l’AFP. Ingénieur de formation, passé par l’École nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble, il s’était hissé au sommet de plusieurs fleurons de l’économie française : Rhône-Poulenc, Elf Aquitaine, GDF et la SNCF.
Nommé aussi bien par la gauche que par la droite, ce Breton à la personnalité affable et au réseau solide incarnait une certaine idée du service public à la française. À une époque où les grands groupes industriels étaient encore étroitement liés à l’État, il avait su s’imposer comme l’un des visages les plus influents du capitalisme hexagonal, tout en restant attaché à une forme d’éthique industrielle.
Mais sa carrière fut assombrie par l’affaire Elf, vaste scandale politico-financier qui marqua les années 1990. Condamné en 2003 pour abus de biens sociaux, il purgea plusieurs années de prison, avant de tenter de faire entendre une autre lecture de cette affaire, qu’il décrivait comme profondément politique.
Malgré les controverses, Loïk Le Floch-Prigent était resté un observateur avisé de la vie économique. Jusqu’à ses derniers mois, il continuait à intervenir dans les médias et à publier des tribunes, témoignant d’une passion intacte pour l’industrie et les grands enjeux énergétiques.