La Syrie signe un accord de 800 millions de dollars avec DP World pour moderniser ses ports
La Syrie signe un accord de 800 millions de dollars avec DP World pour moderniser ses ports

La Syrie a conclu ce dimanche un accord majeur de 800 millions de dollars avec le géant émirati de la logistique DP World pour moderniser ses infrastructures portuaires, selon l’agence de presse officielle SANA. Cette annonce marque une nouvelle étape dans les efforts de Damas pour relancer son économie, lourdement affectée par plus d’une décennie de guerre et de sanctions internationales.

L’accord a été signé par l’Autorité générale syrienne des ports terrestres et maritimes et intervient après un protocole d’accord initial établi entre les deux parties en mai dernier. Il prévoit le renforcement des capacités des ports syriens, la modernisation des installations logistiques et l’amélioration des services de fret maritime, dans un pays où les infrastructures vitales ont été partiellement détruites ou gravement dégradées par les conflits successifs.

DP World, basé à Dubaï, est l’un des leaders mondiaux du transport maritime et de la gestion portuaire. L’entreprise émiratie investira dans plusieurs volets : équipements portuaires modernes, numérisation des services, formation du personnel local, et amélioration de la connectivité terrestre et maritime. Bien que les détails précis du projet n’aient pas encore été rendus publics, les premiers travaux pourraient débuter dès 2026.

Cette coopération intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre la Syrie et plusieurs pays arabes, notamment les Émirats arabes unis, qui ont rouvert leur ambassade à Damas et ont multiplié les signes de normalisation. Pour la Syrie, ce contrat constitue un signal fort de réintégration régionale, ainsi qu’un espoir de reprise économique après des années d’isolement.

L’accord devrait notamment concerner les ports stratégiques de Lattaquié et Tartous, essentiels pour le commerce extérieur syrien. Leur modernisation pourrait accroître la capacité du pays à exporter, à recevoir des biens humanitaires et à relancer une activité commerciale plus stable.

Cependant, l’initiative soulève aussi des interrogations, notamment sur les risques juridiques et financiers pour DP World, dans un pays encore soumis à des sanctions économiques imposées par les États-Unis et l’Union européenne. La viabilité à long terme du projet dépendra de la stabilité politique du pays et de l’évolution du contexte diplomatique.

Pour le gouvernement syrien, il s’agit d’une victoire symbolique et stratégique : attirer des investissements étrangers malgré les obstacles et envoyer un message de résilience économique à la communauté internationale.

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