Crise des vendanges 2025 : – 30 % de saisonniers, les vignerons au bord du gouffre
Crise des vendanges 2025 : – 30 % de saisonniers, les vignerons au bord du gouffre

La récolte s’annonce plus chaotique que jamais. Les viticulteurs français font face à une pénurie de main-d’œuvre estimée à 30 % du besoin en saisonniers, ce qui provoque déjà retards, raisins gâchés, et stress permanent sur le terrain. Selon les indépendants du vin, environ 350 000 vendangeurs sont nécessaires chaque année et « il en manque encore 30 % » pour cette campagne, un chiffre similaire à celui de 2024. Depuis plusieurs semaines, dans plusieurs régions viticoles, le recrutement tourne au casse-tête. Moins d’étudiants disponibles, des travailleurs étrangers de plus en plus difficiles à mobiliser, et un métier peu attractif : les candidats se font rares. En Bourgogne-Franche-Comté, France Travail et ses partenaires entendent combler le vide en mobilisant agences, plateformes simplifiées (vitabourgogne.com) et aides à la mobilité ou au logement. Ils insistent sur le recrutement sans diplôme ni expérience pour des postes de coupeur, porteur ou ouvrier caviste.

Pénurie persistante malgré les efforts

Les viticulteurs reportent une tension maximale : « sur une équipe de 50 saisonniers, il manque encore plus de la moitié », témoigne l’un d’eux. Le chantier des vendanges s’allonge, les coûts grimpent, certains contrats risquent même de ne pas être honorés. Les syndicats réclament des salaires plus attractifs en prolongeant les exonérations de charges sur les contrats saisonniers, aujourd’hui plafonnés au SMIC. Pour pallier ces difficultés, la mobilisation institutionnelle s’intensifie. En Champagne, l’État reconduit le plan « Ensemble pour les vendanges », avec une cellule de veille 2025 active, formant les saisonniers aux gestes qui sauvent et facilitant la géolocalisation des secours sur les sites isolés. L’objectif est clair : tolérance zéro sur les dérives et exploitation des saisonnier.

Un dispositif structuré mais fragilisé

Ce dispositif implique des acteurs multiples : syndicats, services de l’emploi (France Travail), associations viticoles, collectivités. Des plates-formes comme vitabourgogne.com permettent de postuler en quelques clics sans CV, tandis que les employeurs reçoivent un accompagnement pour améliorer l’attractivité de leurs offres. Des aides au logement ou à la mobilité sont également proposées aux candidats. En résumé, les vendanges 2025 débutent tardivement, fin août dans plusieurs départements – mais s’annoncent déjà sous tension, frappées par une pénurie persistante. Malgré des campagnes de recrutement intensives, des mesures encadrées et des dispositifs d’aide structurés, la réalité est implacable : sans armée de saisonniers, la filière pourrait vaciller. Les viticulteurs, prêts à recruter sans exiger de diplôme, attendent un sursaut d’attractivité. Le compte à rebours a commencé, et le stress monte jusqu’à la récolte.

Partager