Présidentielle 2027 : des écologistes relancent l’idée d’une primaire de toute la gauche
Présidentielle 2027 : des écologistes relancent l’idée d’une primaire de toute la gauche

Face au spectre d’une nouvelle élimination au premier tour de l’élection présidentielle, trois figures écologistes appellent à l’organisation d’une grande primaire à gauche. Cyrielle Chatelain, présidente du groupe écologiste à l’Assemblée, la députée Léa Balage El Mariky et la sénatrice Mélanie Vogel estiment que seul un processus démocratique partagé permettra d’éviter une répétition du scénario Macron-Le Pen.

Une primaire comme méthode pour éviter l’effacement de la gauche

Selon elles, la condamnation récente de Marine Le Pen à cinq ans d’inéligibilité crée une fenêtre d’opportunité inédite. « Depuis une semaine, nous savons que nous ne sommes pas condamnés à revivre ce duel », résume Léa Balage El Mariky, pour qui l’heure n’est plus aux appels incantatoires à l’unité, mais à une méthode claire. Pour ces élues, seule une primaire inclusive, impliquant tous les partis de gauche, permettrait de trancher les lignes programmatiques et d’élire une figure capable de porter une campagne collective.

Ce retour de la primaire, pourtant décriée après les fiascos de 2017 et 2022, est justifié par l’urgence démocratique. Mélanie Vogel assume un choix par défaut : « La primaire est le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres », dit-elle en citant Churchill. Inspirées d’une proposition des politistes Rémi Lefebvre et Éric Treille, les écologistes souhaitent une désignation à l’automne 2026 après une phase programmatique commune, avec un vote dans les urnes et en ligne.

Mais l’initiative se heurte à une fragmentation persistante. Le PS ne veut pas de primaire avec LFI, et les Insoumis refusent tout rapprochement avec le camp de François Hollande. Pour Manuel Bompard, croire qu’un même processus pourrait rassembler Raphaël Glucksmann et François Ruffin relève de « l’utopie ». Pourtant, la dynamique du NFP montre que les électeurs de gauche peuvent encore s’unir face au danger de l’extrême droite.

« On ne peut pas contraindre les partis, mais la pression de la base va croître », prévient Cyrielle Chatelain. Les trois élues espèrent qu’en s’y prenant tôt, la gauche évitera les divisions chroniques et portera une campagne cohérente et offensive. Reste à trouver l’énergie, les moyens… et l’accord politique.

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