Naval Group entre au capital de CortAIx, l’IA de défense française change d’échelle
Naval Group entre au capital de CortAIx, l’IA de défense française change d’échelle

L’intelligence artificielle militaire française franchit un cap industriel. Naval Group vient d’officialiser son entrée à hauteur de 20 % au capital de CortAIx France, l’accélérateur d’IA créé par Thales. L’opération transforme une structure interne en plateforme commune dédiée aux systèmes critiques. L’IA ne relève plus d’un chantier exploratoire, elle devient un pilier structurant des architectures navales.

Jusqu’ici, CortAIx constituait le moteur interne de Thales pour accélérer le développement et l’intégration d’algorithmes dans ses équipements. En rejoignant la gouvernance, Naval Group s’assure un accès direct à cette capacité technologique. CortAIx fédère déjà plus de 800 experts répartis sur cinq hubs internationaux. Cette masse critique offre au constructeur naval une capacité immédiatement opérationnelle pour intégrer l’IA au cœur de ses futurs systèmes.

Une intégration directe dans les systèmes navals

L’enjeu dépasse la simple participation financière. L’objectif affiché consiste à industrialiser plus rapidement l’intelligence artificielle dans des environnements embarqués et classifiés. Des ingénieurs du centre d’excellence numérique de Naval Group, basé à Ollioules, viendront renforcer les équipes de CortAIx. Les développements ne resteront pas théoriques, ils seront directement connectés aux contraintes des plateformes navales.

Pour le dirigeant de Naval Group, cette entrée au capital marque une accélération majeure dans l’intégration de l’IA au sein des systèmes navals et dans l’évolution de l’ingénierie de défense. Du côté de Thales, la direction insiste sur la mutualisation des expertises afin d’ancrer une intelligence artificielle souveraine dans les équipements critiques destinés aux forces armées.

CortAIx devient ainsi une brique technologique centrale, reliant capteurs, systèmes de combat et logiciels embarqués. L’outil ne se limite plus à l’expérimentation ou à la recherche avancée. Il vise désormais l’industrialisation rapide d’algorithmes intégrés dans des architectures complexes, soumises à des exigences de sûreté, de résilience et de cybersécurité élevées.

Une souveraineté technologique assumée

Derrière cette alliance, la dimension stratégique est explicite. Dans un contexte de compétition technologique mondiale, la maîtrise de l’intelligence artificielle appliquée aux systèmes d’armes est perçue comme un enjeu de souveraineté. En consolidant leurs moyens, Naval Group et Thales entendent réduire leur dépendance à des technologies étrangères et sécuriser la chaîne de valeur, du code source jusqu’au système embarqué.

La participation de 20 % actée par Naval Group formalise une coopération déjà étroite entre les deux industriels, notamment sur les systèmes de combat navals. Désormais, l’IA devient le socle commun de cette collaboration. Elle irrigue la conception des bâtiments, l’analyse des données issues des capteurs, l’aide à la décision et l’optimisation des performances opérationnelles.

Avec plus de 800 experts mobilisés et une gouvernance partagée, CortAIx change de statut. L’accélérateur d’hier devient une plateforme industrielle stratégique. L’alliance entre Naval Group et Thales ne se résume pas à un partenariat ponctuel, elle dessine une trajectoire commune pour intégrer l’intelligence artificielle au cœur des architectures navales françaises, dans une logique de maîtrise technologique intégrale.

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