Mini-crédits, paiements fractionnés - le surendettement explose chez les 18-25 ans
Mini-crédits, paiements fractionnés - le surendettement explose chez les 18-25 ans

Le signal est brutal. Le surendettement progresse fortement chez les jeunes adultes, avec une envolée spectaculaire chez les 18-25 ans. Selon les derniers chiffres communiqués par la Banque de France, le nombre de dossiers déposés par les moins de 30 ans est passé de 12 500 en 2024 à 17 000 en 2025, soit une hausse de 36 % en un an. Chez les 18-25 ans, l’augmentation atteint 65 %, pour environ 5 000 dossiers.

Derrière ces statistiques, une réalité plus insidieuse : la banalisation des paiements fractionnés et des minicrédits, souvent présentés comme des solutions simples et rapides pour financer des dépenses du quotidien.

Une génération piégée par le crédit facile

Le profil des jeunes surendettés se distingue de celui de l’ensemble des débiteurs. Leur niveau d’endettement médian est plus faible, mais la part des crédits à la consommation y est nettement plus importante. Autrement dit, les montants sont souvent moins élevés, mais la multiplication des petits crédits crée un effet boule de neige.

Un tiers des dossiers comportant des paiements fractionnés ou des minicrédits concerne des personnes de moins de 35 ans, un phénomène en forte progression. Ces dispositifs, très accessibles en ligne, permettent d’étaler un achat en plusieurs fois ou d’obtenir rapidement quelques centaines d’euros. Le risque apparaît lorsque ces solutions se cumulent, sans vision globale du budget.

Les jeunes femmes et les chômeurs sont surreprésentés dans cette tranche d’âge. Précarité professionnelle, revenus instables et absence d’épargne constituent un terrain favorable à la spirale du crédit.

L’Association des sociétés financières signalait déjà en début d’année une augmentation marquée des premiers impayés sur les crédits à la consommation, ainsi qu’une hausse des demandes de reports d’échéances. Les signaux d’alerte s’accumulent.

Un phénomène qui dépasse les seuls jeunes

Au total, 148 013 dossiers de surendettement ont été déposés en 2025, un niveau en hausse de près de 10 % et le plus élevé depuis 2018. La conjoncture économique joue un rôle central : inflation persistante, chômage, perte d’emploi, problèmes de santé ou séparation fragilisent durablement les ménages.

Les principaux créanciers restent les groupes bancaires privés, mais des organismes publics comme la Caf ou l’Urssaf figurent également parmi les créanciers concernés, tout comme des bailleurs.

Dans un peu plus de la moitié des dossiers clôturés l’an dernier, un effacement total ou partiel des dettes a été décidé, pour un montant global de 1,3 milliard d’euros, soit environ 20 000 euros par dossier en moyenne. Le délai entre le dépôt d’un dossier et la solution apportée est d’environ quatre mois.

Chez les plus jeunes, le problème est moins celui de dettes massives que celui de l’accumulation progressive. Un paiement fractionné pour un smartphone, un minicrédit pour régler un imprévu, puis un autre pour combler un découvert : la spirale peut s’installer rapidement. La facilité d’accès au crédit, combinée à une culture de l’instantanéité et à des budgets fragiles, transforme ces outils en pièges. Pour les autorités, l’enjeu est désormais clair : mieux encadrer ces pratiques et renforcer la prévention financière auprès d’une génération particulièrement exposée.

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