Moins d’un an après l’échec des plans de Google pour racheter la société israélienne de cybersécurité Wiz, les dirigeants ont réussi à conclure un accord après une vague de négociations qui ont eu lieu alors que le président américain Donald Trump prêtait serment, il y a seulement huit semaines, selon Reuters.
Google a annoncé avoir augmenté son offre initiale de 23 milliards de dollars en juillet dernier à 32 milliards de dollars, ce qui en fait l’une des plus grandes transactions technologiques jamais réalisées. L’entreprise a également considérablement augmenté les frais de rupture, les portant à plus de 3,2 milliards de dollars, selon des sources proches du dossier.
Cependant, selon ces mêmes sources, le véritable moteur de la conclusion de cet accord a été le changement à la Maison-Blanche, qui a ouvert la voie à une approche plus souple en matière d’antitrust sous l’administration Trump.
Négociations intensifiées après l’investiture de Trump
Google a tenté une nouvelle fois à l’automne dernier, alors que Wiz envisageait une introduction en bourse. Les négociations ont duré plusieurs mois, mais elles se sont intensifiées après l’investiture de Trump le 20 janvier et la nomination de nouveaux responsables clés en matière d’antitrust.
Par ailleurs, Fazal Merchant a rejoint Wiz en tant que directeur financier en janvier dernier, alors que l’entreprise réfléchissait encore à son introduction en bourse. Selon une source, Merchant et le PDG Assaf Rappaport ont joué un rôle clé dans la finalisation de l’accord. De plus, Thomas Kurian, responsable de l’informatique en nuage chez Google, a été un architecte majeur de cette acquisition.
Une offre améliorée et difficile à refuser
Les dirigeants de Wiz ont eu du mal à rejeter la nouvelle offre de Google, qui valorisait l’entreprise 39 % au-dessus de l’offre précédente et incluait des frais de rupture de 3,2 milliards de dollars. Selon les sources, Google considérait cette prime justifiée au vu de la croissance annuelle de 70 % du chiffre d’affaires de Wiz, qui dépasse désormais les 700 millions de dollars.
Les frais de rupture, qui compensent les entreprises ciblées si l’accord échoue pour des raisons réglementaires, sont rares aux États-Unis, mais ils ont augmenté ces dernières années face aux risques accrus de blocage réglementaire. Une étude du cabinet Fenwick & West indique que ces frais représentaient en moyenne entre 4 % et 7 % de la valeur totale des transactions signées en 2023.
Il n’est pas clair si Google et Wiz ont contacté les autorités antitrust américaines avant de finaliser l’accord. Certaines entreprises, comme Tempur Sealy en 2023, ont sollicité l’approbation de la Federal Trade Commission (FTC) avant de signer des transactions majeures.
Précédents et préoccupations antitrust
Les dirigeants de Wiz ont été prudents après l’échec de l’acquisition de Figma par Adobe pour 20 milliards de dollars en raison de l’examen rigoureux des autorités antitrust en 2023. Google, de son côté, fait face à deux enquêtes du ministère de la Justice sur sa domination dans la recherche en ligne et la publicité numérique.
Google avait initialement proposé des frais de rupture de 2 milliards de dollars, un montant jugé insuffisant par Wiz pour couvrir le risque d’échec du deal.
Bank of America a conseillé Google sur cette transaction, tandis que Goldman Sachs a conseillé Wiz.
L’impact politique et financier
Certains des principaux investisseurs de Wiz craignaient que Lina Khan, présidente de la FTC sous Biden, bloque l’accord. Cependant, la nomination par Trump d’Andrew Ferguson à la tête de la FTC et de Gil Slater pour superviser les affaires antitrust au ministère de la Justice a renforcé la confiance des dirigeants des deux entreprises quant à l’issue positive de la révision réglementaire.
Google, Wiz, la Maison-Blanche et le ministère de la Justice n’ont pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires de Reuters.
Les fondateurs de Google ont-ils été compensés ?
Sergey Brin, cofondateur de Google, a perdu 22 milliards de dollars après une chute de 7 % des actions de Alphabet Inc. Ce revers financier est survenu après qu’il ait rencontré Trump à Mar-a-Lago, un événement auquel de nombreuses personnalités influentes ont assisté.
En outre, cinq milliardaires présents à l’investiture de Trump ont vu leur fortune personnelle diminuer de 209 milliards de dollars en seulement sept semaines après l’événement.