Le début de l’exercice 2026 d’easyJet confirme un paradoxe désormais bien installé chez la compagnie britannique. La demande progresse, l’activité commerciale est dynamique, mais les comptes restent pénalisés par une phase d’investissements lourds, en particulier en Italie. Sur le premier trimestre de son exercice décalé, clos fin décembre 2025, la low cost affiche une dégradation marquée de son résultat, tout en réaffirmant sa confiance pour la suite de l’année.
Sur les trois mois achevés le 31 décembre, easyJet a enregistré une perte avant impôt de 93 millions de livres, contre 61 millions un an plus tôt, soit une détérioration de l’ordre de 52 %. Le déficit est légèrement supérieur aux anticipations du marché, qui tablaient sur un résultat négatif proche de 80 millions de livres. Dans le même temps, l’activité progresse nettement. Le chiffre d’affaires trimestriel atteint environ 2,3 milliards de livres, en hausse de 11 % sur un an, porté par une augmentation de 7 % du nombre de passagers, à 22,7 millions, et par un coefficient de remplissage en amélioration de deux points, à 90 %. Les indicateurs unitaires reflètent une situation plus contrastée. Le revenu par siège-kilomètre offert est resté globalement stable, tandis que le coût par siège-kilomètre a progressé d’environ 2 %. Cette hausse des coûts s’explique par la combinaison de facteurs, dont l’augmentation des salaires, la revalorisation des redevances aéroportuaires et les dépenses liées aux investissements opérationnels récents.
L’Italie, un pari coûteux à court terme
La direction pointe clairement le poids des investissements stratégiques en Italie comme principal facteur de cette contre-performance. Pour la première fois, easyJet a exploité sur une saison hivernale complète ses nouvelles bases de Milan-Linate et de Rome-Fiumicino. Ces implantations, considérées comme cruciales pour renforcer la présence du groupe sur des marchés à forte contribution, nécessitent un temps d’adaptation avant d’atteindre leur plein potentiel économique.
Selon la compagnie, ces nouvelles capacités n’ont pas encore atteint leur maturité en matière de revenus, dans un environnement concurrentiel qui reste intense sur certains axes européens. Les effets négatifs ont toutefois été partiellement compensés par la bonne tenue de l’activité globale et par la baisse des coûts liés aux perturbations opérationnelles, nettement inférieurs à ceux observés les années précédentes.
EasyJet Holidays, moteur de rentabilité
Dans ce contexte, la filiale de voyages à forfait apparaît plus que jamais comme un pilier de la stratégie du groupe. Sur le trimestre, easyJet Holidays a dégagé un bénéfice avant impôt de 50 millions de livres, avec une progression d’environ 20 % du nombre de clients sur un an. Cette performance s’inscrit dans la continuité d’un exercice 2025 déjà solide et confirme la capacité de cette activité à amortir la volatilité du transport aérien pur. La direction met en avant le rôle croissant de cette branche dans l’amélioration du mix de revenus et dans la stabilisation de la rentabilité globale, alors que la demande pour les séjours combinant vol et hébergement reste soutenue.
Une dynamique commerciale très favorable
Malgré la dégradation du résultat trimestriel, easyJet affiche un discours résolument optimiste sur les perspectives à court et moyen terme. La période de réservations de janvier a été décrite comme exceptionnelle, tant en volume qu’en valeur. Pour le deuxième trimestre de l’exercice, près de 63 % des sièges sont déjà vendus, soit deux points de plus qu’à la même période l’an dernier.
Sur l’ensemble de l’exercice 2026, la compagnie prévoit une croissance de capacité d’environ 7 % en sièges-kilomètres offerts. Du côté d’easyJet Holidays, le nombre de clients devrait encore progresser jusqu’à 15 %, confirmant le rôle stratégique de cette activité dans le modèle économique du groupe.
Des coûts sous surveillance, une ambition intacte
EasyJet reconnaît que son coût unitaire devrait continuer de subir une inflation modérée sur l’exercice, les gains d’efficacité et l’évolution du prix du carburant ne compensant qu’en partie la hausse structurelle des charges. Elle met toutefois en avant une amélioration sensible de ses indicateurs opérationnels, avec une ponctualité en hausse et une satisfaction client également en progression.
La direction maintient enfin son objectif de moyen terme, visant à générer durablement plus d’un milliard de livres de bénéfice avant impôt. Le message est clair : les investissements actuels pèsent sur les comptes à court terme, mais doivent permettre une montée en puissance des revenus et une rentabilité accrue dans les années à venir.