En Gambie, la police a annoncé l’inculpation de trois femmes à la suite du décès d’une fillette âgée d’un mois, victime d’une mutilation génitale féminine (MGF). Ce drame, qui a provoqué une onde de choc dans le pays, relance le débat sur cette pratique, pourtant interdite depuis près de dix ans.
Les autorités précisent que les inculpations s’appuient sur la loi de 2015 modifiant la législation sur les femmes, qui criminalise les MGF. L’une des accusées, considérée comme l’auteure principale, risque la prison à perpétuité et a été placée en détention provisoire. Les deux autres, poursuivies pour complicité, ont été libérées sous caution.
Pour Emmanuel Joof, président de la Commission nationale des droits de l’homme (NHRC), cette affaire doit être un électrochoc. « Cet incident est plus qu’un simple cas : c’est un signal d’alarme national », a-t-il déclaré cette semaine, rappelant que les MGF ne sont pas une simple « pratique culturelle », mais bien « une infraction pénale, une violation des droits humains et, dans certains cas, une cause de décès ».
Malgré leur interdiction, les mutilations génitales féminines restent répandues en Gambie. L’année dernière, un projet de loi visant à lever l’interdiction nationale a été rejeté par le Parlement, ce qui aurait fait du pays le premier à revenir sur une telle mesure.
Dans un communiqué distinct, la NHRC a insisté : « Aucune justification culturelle ou traditionnelle ne devrait outrepasser l’obligation de protéger les enfants contre les préjudices. » Ce drame remet en lumière les défis persistants pour faire appliquer la loi et éradiquer une pratique toujours profondément ancrée dans certaines communautés.