Fosses communes en Libye : l’ONU exige une enquête indépendante sur des violations graves des droits humains
Fosses communes en Libye : l’ONU exige une enquête indépendante sur des violations graves des droits humains

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a lancé mercredi un appel pressant à l’ouverture d’une enquête indépendante, impartiale et transparente après la découverte de fosses communes dans plusieurs centres de détention situés à Tripoli, en Libye. Cette annonce fait suite à des révélations alarmantes sur des violations graves des droits humains commises dans ces installations, certaines étant gérées officiellement, d’autres de manière clandestine par l’Appareil de soutien à la stabilité.

Cette institution sécuritaire, censée défendre l’État de droit en Libye, relève du Conseil présidentiel issu du gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdulhamid al-Dbeibah, mis en place en 2021 avec l’appui des Nations Unies. Mais malgré ce cadre institutionnel, le Haut-Commissariat s’est dit « choqué » par les exactions constatées, évoquant notamment la découverte de dizaines de corps ainsi que d’instruments présumés de torture et de mauvais traitements.

Dans un communiqué, l’ONU a exhorté les autorités libyennes à garantir un accès complet aux sites concernés pour les équipes médico-légales nationales et pour les observateurs onusiens. Elle a aussi insisté sur la nécessité de préserver toutes les preuves. Ces éléments viennent confirmer les alertes répétées émises par l’ONU depuis plusieurs années concernant les violations systématiques des droits fondamentaux dans les centres de détention libyens.

Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, à la suite d’un soulèvement soutenu par l’OTAN, la Libye peine à rétablir l’ordre public. Le pays est divisé entre factions rivales de l’est et de l’ouest, chacune revendiquant le pouvoir et le contrôle des ressources énergétiques. Malgré un cessez-le-feu signé en 2020, les efforts de stabilisation se sont avérés vains, et les violences armées continuent d’éclater sporadiquement.

Lundi encore, Tripoli a été le théâtre de tirs nourris dans plusieurs quartiers, selon des témoins joints par Reuters. Ces affrontements seraient liés à la mort présumée d’un commandant influent d’un groupe armé local. Ce nouvel épisode illustre la fragilité persistante du climat sécuritaire dans la capitale libyenne, rendant d’autant plus urgente la mise en place de mécanismes de justice et de redevabilité.

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