Vers une participation du Canada à l’Eurovision ? Le gouvernement ouvre la porte
Vers une participation du Canada à l’Eurovision ? Le gouvernement ouvre la porte

C’est une simple ligne dans le budget fédéral canadien déposé mardi 4 novembre, mais elle n’est pas passée inaperçue : Ottawa affirme « travailler avec CBC/Radio-Canada à une participation à l’Eurovision ». Si rien n’est encore acté, l’hypothèse d’une entrée du Canada dans le mythique concours européen de la chanson dès 2026 se précise, dans un contexte diplomatique et artistique particulièrement tendu.

Une volonté politique affichée, des discussions en cours

L’intention est évoquée dans le budget 2025-2026 du gouvernement de Mark Carney, dans une section dédiée au soutien à CBC/Radio-Canada, où il est aussi question d’une hausse de financement de 150 millions de dollars canadiens. La démarche s’inscrit dans une réflexion plus large sur la modernisation du mandat du radiodiffuseur public. Selon The EuroTrip Podcast, Martin Green, directeur exécutif du concours Eurovision, a confirmé que « des discussions ont été entamées avec la CBC » et que les échanges « en sont encore à leurs débuts ».

De son côté, le ministre canadien de l’Innovation, François-Philippe Champagne, a confirmé cette éventualité à la presse locale. Il y voit une opportunité de faire rayonner la culture canadienne à l’international, décrivant l’Eurovision comme « une plateforme pour briller ». La date butoir pour que les diffuseurs confirment leur participation à l’édition 2026 est fixée à la mi-décembre, ce qui laisse encore quelques semaines pour trancher.

L’exemple australien… et les précédents canadiens

Si le concours est organisé par l’Union européenne de radio-télévision (UER), il n’est pas réservé aux seuls pays européens. Des États comme Israël, l’Azerbaïdjan, voire le Maroc en 1980, y ont déjà participé. Mais c’est surtout l’Australie qui fait figure de précédent marquant : invitée pour la première fois en 2015 à l’occasion des 60 ans du concours, elle est depuis revenue chaque année.

Le Canada, quant à lui, n’a jamais été candidat officiellement, mais plusieurs de ses artistes ont marqué l’histoire de l’Eurovision. Céline Dion, québécoise, a remporté le concours en 1988 sous les couleurs de la Suisse. D’autres, comme Natasha St-Pier (France, 2001), La Zarra (France, 2023) ou Rykka (Suisse, 2016), ont aussi concouru. Pourtant, l’événement reste largement méconnu du grand public canadien, ce qui pourrait poser un défi en termes d’engouement local.

Une participation symbolique, sur fond de tensions politiques

L’idée d’une participation canadienne pourrait également servir d’opération diplomatique et culturelle, alors que plusieurs pays européens menacent de boycotter l’édition 2026 si Israël y participe. Selon 20 Minutes et Le Journal de Montréal, l’Espagne, les Pays-Bas ou encore l’Irlande ont déjà brandi la menace d’un retrait. L’arrivée potentielle d’un nouveau pays comme le Canada pourrait ainsi rééquilibrer la balance diplomatique et médiatique pour l’UER, à la veille du 70e anniversaire de l’Eurovision, prévu à Vienne en mai prochain.

La question reste désormais de savoir si la CBC officialisera sa participation dans les semaines à venir. Si le feu vert est donné, ce serait une première pour le Canada, et une nouvelle étape dans l’internationalisation d’un concours né comme une vitrine de la culture européenne mais devenu, avec le temps, un outil d’influence mondiale.

Que retenir rapidement ?

C’est une simple ligne dans le budget fédéral canadien déposé mardi 4 novembre, mais elle n’est pas passée inaperçue : Ottawa affirme « travailler avec CBC

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