Le réalisateur mexicain Michel Franco revient au cinéma avec « Dreams », porté par Jessica Chastain et le danseur Isaac Hernández, attendu en salles le 28 janvier 2026. À travers une liaison clandestine entre une riche mécène américaine et un artiste venu du Mexique, le film explore la collision entre désir, argent et frontières, jusqu’à faire voler en éclats l’illusion d’un salut par l’amour.
Une passion sous contrôle, puis la mécanique de la domination
Jennifer, héritière chargée des activités culturelles et philanthropiques de l’empire familial, a créé une fondation et une école de danse au Mexique, où elle rencontre Fernando, jeune danseur ambitieux. Persuadé que leur relation peut se vivre au grand jour et l’aider à construire sa carrière, il traverse la frontière clandestinement et débarque dans la maison luxueuse de Jennifer à San Francisco. Mais cette arrivée n’était pas prévue : l’histoire doit rester cachée, loin de la famille et du milieu social de la mécène, et Fernando comprend vite qu’il n’a pas la place qu’il imaginait.
Quand il tente de reprendre la main en s’éloignant d’elle tout en restant aux États-Unis pour travailler et survivre le rapport de force se retourne. Habituée à obtenir ce qu’elle veut, Jennifer se durcit et révèle une face manipulatrice pour garder Fernando sous son contrôle. Franco suit alors l’engrenage : un couple où l’« aide » devient moyen de pression, où les preuves d’amour se confondent avec l’asservissement, jusqu’à la violence.
Le rêve américain vu depuis la frontière sociale
Le film oppose deux mondes : celui d’un luxe feutré, stable et protégé, et celui d’une vie précaire de sans-papiers, faite de petits boulots et de mépris quotidien. Michel Franco résume sa démarche dans une déclaration rapportée par franceinfo : il dit être marqué par « les inégalités sociales » et rappelle que des Mexicains franchissent la frontière « dans l’espoir d’un avenir meilleur », tout en étant ensuite traités comme des « parasites » ou des « criminels », alors qu’ils contribuent à la société américaine.
Avec une mise en scène soignée et froide, « Dreams » propose un tableau sans illusion : dans un système gouverné par l’argent, l’ordre social finit par l’emporter sur la passion. Jessica Chastain incarne une domination “polie” qui vire à la brutalité, tandis que Fernando expérimente la limite invisible qui sépare ceux qui appartiennent au bon côté géographique et social de ceux qui tentent d’y entrer.