Doris Fisher s’est éteinte le samedi 2 mai 2026, « paisiblement à San Francisco, entourée de sa famille », a annoncé le groupe Gap dans un communiqué publié le lundi suivant. Elle laisse trois enfants, dix petits-enfants et treize arrière-petits-enfants. La marque a rendu hommage sur Instagram à leur cofondatrice et « muse éternelle », saluant son implication « à une époque où ce n’était pas habituel pour une femme ». Diplômée de Stanford, Doris Fisher avait cofondé Gap en 1969 avec son mari Donald à San Francisco — une aventure née d’une frustration banale : Donald n’arrivait pas à trouver un jean à sa taille dans les magasins de l’époque. Le nom « The Gap » faisait référence au fossé entre les générations, et à la jeunesse que le couple espérait séduire. Plus de 55 ans plus tard, l’empire pèse 16 milliards de dollars.
Un concept révolutionnaire, une femme pionnière dans le monde des affaires
Pendant que son mari Don — décédé en 2009 — gérait les affaires, Doris imposait un style et une image à l’enseigne, dans un monde où les femmes restaient encore largement absentes des postes de direction. Sa philosophie commerciale était simple mais radicale pour l’époque : des tailles clairement organisées, des rayons bien achalandés, des pantalons et chemises empilés en hauteur, de nombreuses cabines d’essayage, selon ce que rapporte le New York Times. Le jean, le t-shirt blanc, la veste de safari ou le sweat kaki devinrent les emblèmes d’un prêt-à-porter soigné mais accessible, vendu au cœur des centres-villes américains à des prix modérés. En France, les 28 boutiques Gap ont toutes fermé depuis 2019, la filiale ayant rencontré de graves difficultés financières.
Une collection d’art exceptionnelle et un engagement philanthropique durable
Au-delà du commerce, Doris Fisher s’était engagée dans la vie culturelle et sociale américaine. Le couple Fisher avait constitué l’une des plus importantes collections privées d’art moderne et contemporain au monde, dont plus de 1 100 œuvres avaient été confiées en 2009 au San Francisco Museum of Modern Art. Doris avait également soutenu activement un réseau d’écoles publiques destiné à créer des opportunités pour les élèves défavorisés. En mémoire de ses engagements, la famille a demandé que des dons soient adressés à ces projets philanthropiques plutôt que des fleurs.
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