Il est l’un des rares représentants d’Hollywood au Festival de Cannes 2026. John Travolta monte les marches du Palais des festivals ce vendredi 15 mai pour présenter Vol de Nuit pour Los Angeles, son premier film en tant que réalisateur, qui sortira sur Apple TV le 29 mai. Une œuvre personnelle racontant la nuit où, enfant, il tomba amoureux des avions lors d’un premier vol inoubliable — une passion qui ne l’a jamais quitté, lui qui possède encore aujourd’hui un Dassault Falcon 900B, un Boeing 737 et un petit jet Eclipse 500. L’acteur vient de mettre en vente sa villa de Floride dotée d’une piste de décollage au bout du jardin pour 10 millions de dollars.
De l’explosion populaire à la traversée du désert, en passant par Tarantino
En 1977, le jeune acteur de 24 ans, fils d’une famille nombreuse du New Jersey, est propulsé superstar mondiale grâce à Saturday Night Fever. Son personnage de Tony Manero, modeste employé italo-américain roi des pistes de disco, devient le symbole d’une jeunesse enfin libérée de la guerre du Vietnam. La bande originale, signée principalement par les Bee Gees, s’écoule à 40 millions d’exemplaires. Le film rapporte 237 millions de dollars pour une mise de départ estimée à 3 millions. « J’ai fait Saturday Night Fever en pensant qu’il s’agissait d’un petit truc d’art et essai. Je n’arrive pas à comprendre ce qui se passe », avouait-il au New York Times en 1979. L’année suivante, Grease avec Olivia Newton-John amplifie encore le phénomène. Puis vient la longue traversée du désert des années 1980 — mauvais rôles, mauvais choix, refus d’Officier et Gentleman, Midnight Express ou Forrest Gump. Seule pépite de cette période : Blow Out de Brian De Palma, passé inaperçu à sa sortie. C’est un acteur discrédité que retrouve chez lui Quentin Tarantino, fan déclaré de Saturday Night Fever. La conversation dure des heures. « Il m’a dit : ‘qu’est-ce que tu as foutu ?’. J’étais blessé, mais ému. Je me suis dit : bon sang, j’ai dû être un putain de bon acteur », racontera Travolta en 1995. Pulp Fiction (1994) — Palme d’or, Vincent Vega en tueur à gage lymphatique dansant le twist avec Uma Thurman — est une résurrection totale. « Pour moi, en tant qu’acteur, ce rôle était une terre inconnue », confie-t-il lors d’une master class rapportée par France Télévisions.
Battlefield Earth, les drames personnels et la légende intacte
Les années fastes qui suivent — Get Shorty, Broken Arrow, Volte-Face — seront hélas suivies d’une nouvelle série d’errements, culminant avec Battlefield Earth en 2000, désastre industriel adapté d’un livre de Ron Hubbard, fondateur de la scientologie dont Travolta est un membre très haut placé. « Il y croit au sens propre », explique son biographe Philippe Durant dans un entretien avec France Télévisions. « Voilà, c’est l’hommage qu’il rend à la scientologie, ce que même Tom Cruise a évité de faire. » Depuis lors, les films de Travolta ne sortent plus qu’en VOD. Les années 2010 et 2020 sont aussi marquées par des drames intimes : en 2009, il perd son fils Jett, 16 ans, gravement malade depuis l’enfance ; en 2020, sa femme Kelly Preston meurt d’un cancer ; deux ans plus tard, Olivia Newton-John disparaît à son tour. « Un acteur célèbre, en fait, c’est deux ou trois films marquants, les autres on les oublie », conclut Philippe Durant. « Quand John Travolta va monter les marches, les plus vieux vont se souvenir de La Fièvre du samedi soir. D’autres de Pulp Fiction. Et on va l’applaudir. C’est ça qui fait une star. »
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