Avec Pluribus, Vince Gilligan signe une série SF aussi grinçante qu’addictive
Avec Pluribus, Vince Gilligan signe une série SF aussi grinçante qu’addictive

Apple TV+ dévoile Pluribus, la nouvelle série de Vince Gilligan, créateur de Breaking Bad, qui explore un futur contaminé par le bonheur. À contre-courant des récits d’invasion habituels, cette œuvre audacieuse s’impose déjà comme l’une des propositions les plus originales de la saison.

Une humanité unie par la joie… sauf quelques irréductibles

Dans Pluribus, Vince Gilligan prend à revers les codes de la science-fiction pour raconter une fin du monde pas comme les autres. L’histoire se déroule à Albuquerque, au Nouveau-Mexique terrain familier pour les fans de Breaking Bad où un signal venu de l’espace provoque une transformation radicale : toute l’humanité est frappée par une forme de bonheur collectif. Ce virus d’origine extraterrestre, transmis via un code ARN détecté dans un signal radio, fusionne les esprits en une conscience unique, pacifique et heureuse.

Mais tout le monde ne succombe pas. Treize personnes sont immunisées, sans explication. Parmi elles, Carol Sturka, interprétée par Rhea Seehorn déjà saluée pour son rôle de Kim Wexler dans Better Call Saul. Romancière acariâtre et cynique, Carol voit d’un mauvais œil ce monde devenu trop doux pour elle. La mort de sa compagne dans ce contexte idyllique pousse cette figure revêche à chercher une issue dans une société où l’hostilité n’a plus sa place.

Le titre Pluribus est une référence directe à la devise latine E Pluribus Unum (« De plusieurs, un seul »), inscrite sur le Grand Sceau des États-Unis. Une allusion explicite à la fusion des consciences orchestrée par cette pandémie de bienveillance, et à la dangerosité d’un monde gouverné par une seule pensée – même positive.

Une fable philosophique sous haute tension

Soutenue par une mise en scène léchée et un sens du rythme intact, la série bénéficie d’une direction artistique ambitieuse, avec effets visuels spectaculaires et décors soignés. Produite avec des moyens conséquents, Pluribus impressionne par sa capacité à mêler la SF, la satire sociale et le drame existentiel. La réalisation, signée également par Gilligan, reprend ses marques habituelles : angles de caméra inattendus, ambiance étrange, et humour noir bien dosé.

Selon The Guardian, la série se distingue par son écriture affûtée, pleine de dialogues mordants et d’un humour grinçant assumé. Le journal britannique salue aussi un « portrait de la féminité » audacieux à travers le personnage de Carol. Le Parisien, plus réservé, juge l’ensemble inégal mais reconnaît la performance saisissante de Rhea Seehorn, qui compose une héroïne rugueuse mais profondément humaine.

L’idée même que le bonheur universel puisse devenir une menace permet à Pluribus de poser des questions troublantes sur le libre arbitre, le consentement collectif et la solitude. Dans une société où l’unanimité règne, quelle place reste-t-il pour le doute, le deuil, ou même le conflit ? Gilligan pousse cette interrogation jusqu’au bout, sans jamais tomber dans la facilité du message moral.

Apple TV+ a déjà renouvelé Pluribus pour une deuxième saison, avant même la diffusion complète de la première. Composée de neuf épisodes, celle-ci est diffusée au rythme d’un par semaine, chaque vendredi, jusqu’au 26 décembre.

Que retenir rapidement ?

Apple TV+ dévoile Pluribus, la nouvelle série de Vince Gilligan, créateur de Breaking Bad, qui explore un futur contaminé par le bonheur. À contre-courant

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