Adélaïde de Clermont-Tonnerre reçoit le prix Renaudot pour son roman sur Milady
Adélaïde de Clermont-Tonnerre reçoit le prix Renaudot pour son roman sur Milady

L’autrice bretonne a été récompensée mardi pour Je voulais vivre, une réinvention du personnage de Milady de Winter. Ce roman d’aventures audacieux consacre une plume déjà saluée par l’Académie française.

Une héroïne controversée réhabilitée par la fiction

Le jury du prix Renaudot a attribué, mardi 4 novembre, sa récompense littéraire 2025 à Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre, publié chez Grasset. Dans ce roman historique, l’autrice revisite le destin de Milady de Winter, célèbre antagoniste des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas. Loin de l’image de femme fatale manipulatrice, elle en fait une héroïne complexe, marquée par les abus du pouvoir masculin et contrainte à la dissimulation et la ruse pour survivre.

Le récit s’ouvre sur l’enfance d’Anne, recueillie par un prêtre et devenue, au fil des pages, Lady Clarick, future Milady. L’autrice y mêle souffle romanesque et questionnements féministes, dans un style alerte et foisonnant. À travers cette biographie fictive, elle propose une lecture plus nuancée d’un personnage longtemps cantonné à la figure de la traîtresse, en donnant voix à ses blessures et ses choix. « Très, très émue », a-t-elle confié lors de l’annonce du prix, saluant la reconnaissance d’un roman d’aventures, un roman un peu enlevé.

Déjà distinguée en 2016 par le Grand prix du roman de l’Académie française pour Le Dernier des nôtres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre confirme ici sa capacité à conjuguer souffle populaire et profondeur narrative. Parmi les finalistes figuraient notamment Justine Lévy (Une drôle de peine), Feurat Alani (Le ciel est immense) et Anne Berest (Finistère).

Une récompense saluée en Bretagne

Originaire de Plouégat-Guérand dans le Finistère, la romancière conserve un fort attachement à la Bretagne. Son père, Renaud de Clermont-Tonnerre, maire de la commune, a confié son émotion au Télégramme, expliquant avoir appris la nouvelle en écoutant France Inter : « Je suis complètement bouleversé. J’ai été sidéré. Depuis quinze ans, on me demande qui je suis par rapport à elle. »

Directrice du magazine Point de Vue et ancienne chroniqueuse télé, Adélaïde de Clermont-Tonnerre s’est imposée dans le paysage littéraire français en quatre romans. Avec Je voulais vivre, elle rejoint les prestigieux lauréats du prix Renaudot, qui a notamment récompensé Louis Aragon, Annie Ernaux ou Virginie Despentes. Le Renaudot essai 2025 a de son côté été attribué à Alfred de Montesquiou pour Le Crépuscule des hommes (Robert Laffont), un texte sur les procès de Nuremberg.

Que retenir rapidement ?

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