Une mobilisation d’ampleur internationale a émergé dans le secteur du cinéma pour dénoncer la violence exercée par les autorités iraniennes contre leur population. Près de 800 professionnels, issus de nombreux pays, ont signé une tribune condamnant les exactions imputées au régime de Téhéran, alors que des manifestations se poursuivent depuis plus de deux semaines à travers le pays. Plusieurs figures majeures du cinéma français figurent parmi les signataires, dont Marion Cotillard, Juliette Binoche et Camille Cottin.
Cette prise de position collective fait suite aux contestations nationales déclenchées par des revendications économiques et politiques, à laquelle les autorités ont répondu par une répression largement dénoncée à l’étranger.
Une dénonciation sans équivoque des violences d’État
Dans le texte, les signataires affirment « condamner dans les termes les plus forts les crimes organisés commis par la République islamique d’Iran ». La tribune s’ouvre sur une déclaration commune évoquant « la colère, le chagrin et un profond sens de responsabilité morale » face au traitement réservé, selon eux, à des civils mobilisés pacifiquement.
Les auteurs estiment que la réponse des autorités ne relève pas du maintien de l’ordre, mais d’une stratégie de violence systématique visant à étouffer toute contestation. Ils appellent à une reconnaissance internationale de la gravité des faits rapportés.
Artistes en exil et personnalités françaises réunis
La liste des signataires rassemble de nombreuses figures iraniennes vivant hors du pays, parmi lesquelles Zar Amir Ebrahimi, Sepideh Farsi, Golshifteh Farahani et Shirin Neshat. À leurs côtés, plusieurs actrices, réalisatrices et professionnelles françaises du cinéma ont également apporté leur soutien, notamment Judith Godrèche, Claire Simon et Ariane Labed.
Des bilans humains jugés catastrophiques
La tribune s’appuie sur des rapports indépendants pour dresser un tableau alarmant de la situation. Elle évoque plus de 16 500 civils tués depuis le début des manifestations, parmi lesquels figureraient des femmes, des adolescents et des enfants. Le texte fait également état de centaines de milliers de blessés et de l’arrestation de dizaines de milliers de manifestants.
« Femme, Vie, Liberté », un symbole central
Rédigée « en solidarité avec les familles des victimes, les prisonniers politiques et les populations de Téhéran, du Kurdistan, du Baloutchistan et de l’Azerbaïdjan », la tribune met en avant le caractère national du mouvement de contestation. Elle dénonce également une politique de dissimulation des violences, reposant notamment sur la coupure volontaire d’internet et la suppression des médias, empêchant selon les auteurs toute documentation indépendante des faits.
Le texte affirme que ces pratiques constituent « une violation flagrante et systématique de tous les droits humains fondamentaux, y compris le droit à la vie, la liberté, la dignité humaine et la sécurité », et les qualifie explicitement de crimes contre l’humanité.
Une réponse sécuritaire dénoncée comme disproportionnée
Les signataires accusent enfin les autorités iraniennes d’avoir choisi l’escalade face à des mobilisations décrites comme largement pacifiques. « En réponse aux protestations généralisées et pacifiques du peuple iranien contre la répression, la pauvreté, la discrimination et l’injustice structurelle, la République islamique a choisi non pas d’écouter les voix de son peuple, mais de répondre par des tirs à balles réelles, des tueries de masse, des arrestations massives, la torture, des disparitions forcées et une coupure nationale d’internet », écrivent-ils.