Tensions frontalières : la Thaïlande et le Cambodge s’engagent à un retour aux positions antérieures après un affrontement meurtrier
Tensions frontalières : la Thaïlande et le Cambodge s’engagent à un retour aux positions antérieures après un affrontement meurtrier

BANGKOK/PHNOM PENH – La Thaïlande et le Cambodge ont convenu de ramener leurs troupes aux positions frontalières préalablement établies, à la suite d’un affrontement survenu le 28 mai dans une zone contestée, qui a coûté la vie à un soldat cambodgien. Cette décision, annoncée dimanche par les ministères de la Défense des deux pays, vise à désamorcer une escalade militaire qui avait entraîné un renforcement discret des effectifs de part et d’autre de la frontière.

Le ministre thaïlandais de la Défense, Phumtham Wechayachai, a déclaré que les deux gouvernements avaient engagé des pourparlers pour ramener la situation à celle de 2024, en s’appuyant sur les accords existants. Une réunion du Comité conjoint des frontières est prévue le 14 juin, dans l’espoir de parvenir à une résolution bilatérale définitive.

Le Cambodge, de son côté, souhaite saisir la Cour internationale de justice (CIJ) afin de trancher les différends frontaliers de longue date qui opposent les deux pays. Le ministre cambodgien des Affaires étrangères, Prak Sokhonn, a estimé que « la complexité et la sensibilité historique » de ces différends dépassaient les capacités du simple dialogue bilatéral. Il plaide pour une décision « juste, impartiale et durable » fondée sur le droit international. La Thaïlande, quant à elle, rejette la compétence de la CIJ et continue de privilégier la voie diplomatique directe.

Les tensions sur la frontière commune, longue de 817 kilomètres, sont anciennes et remontent à la cartographie coloniale française de 1907. Les affrontements ont déjà provoqué des pertes humaines, notamment lors de violents échanges en 2011 autour du temple hindou de Preah Vihear, inscrit au patrimoine mondial.

En réaction à la dernière flambée de violence, la Thaïlande a restreint les horaires d’ouverture de dix postes frontières, dont celui de Sa Kaeo, l’un des plus fréquentés. Ces postes sont désormais ouverts de 8h à 16h, contre 6h à 22h auparavant, pour des raisons de sécurité.

Le conflit frontalier intervient dans un contexte diplomatique plus froid entre Bangkok et Phnom Penh, malgré les relations historiquement étroites entre les familles politiques dirigeantes. La nouvelle génération au pouvoir – Paetongtarn Shinawatra en Thaïlande et Hun Manet au Cambodge – fait face à son premier véritable test en matière de gestion de crise bilatérale.

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