La Thaïlande lance des frappes aériennes à la frontière cambodgienne alors que les tensions repartent
La Thaïlande lance des frappes aériennes à la frontière cambodgienne alors que les tensions repartent

La Thaïlande a mené lundi des frappes aériennes le long de sa frontière disputée avec le Cambodge, chaque camp accusant l’autre d’avoir rompu le cessez-le-feu conclu en octobre sous la pression de Washington. Les affrontements de juillet, qui avaient fait des dizaines de morts parmi soldats et civils, n’ont jamais vraiment cessé de couver. Bangkok affirme que plus de 35 000 habitants ont déjà quitté la zone frontalière, tandis que Phnom Penh évacue également plusieurs villages.

Un cessez-le-feu fragilisé et des accusations croisées

Dans un discours télévisé, le premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a assuré que les opérations militaires se poursuivraient si nécessaire pour protéger la souveraineté du pays. Il a insisté sur le fait que la Thaïlande ne cherchait pas l’escalade, mais ne tolérerait aucune violation de son territoire. Les mines antipersonnel à l’origine de la rupture du cessez-le-feu début novembre continuent d’alimenter les tensions, alors même que les deux pays étaient censés coopérer à leur élimination.

Une fusillade brève mais violente a éclaté dimanche, chaque armée accusant l’autre d’avoir tiré en premier. Lundi, l’armée thaïlandaise a affirmé que des soldats cambodgiens avaient ouvert le feu dans plusieurs secteurs, tuant un soldat thaïlandais et en blessant quatre autres. Bangkok a alors ordonné des frappes aériennes contre des positions militaires cambodgiennes. Phnom Penh soutient au contraire que la Thaïlande a attaqué en premier et appelle à l’arrêt immédiat des hostilités.

Le premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a exhorté les deux pays à la retenue, rappelant que la région ne pouvait se permettre de voir un vieux contentieux dégénérer à nouveau. Ce différend frontalier plonge ses racines dans un héritage séculaire de rivalité, ravivé à l’époque moderne par une carte de 1907 jugée inexacte par Bangkok. Malgré une décision de la Cour internationale de justice en 1962 attribuant à Phnom Penh le secteur du temple de Preah Vihear, le tracé de la frontière reste l’objet d’un désaccord profond que le cessez-le-feu ne règle en rien.

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