La Corée du Nord a annoncé vendredi avoir réussi à redresser un destroyer récemment renversé, désormais amarré au port de Chongjin, dans le nord-est du pays. Le navire de guerre, que Kim Jong-un qualifie de pièce maîtresse dans la modernisation de sa marine nucléaire, avait chaviré fin mai lors d’un lancement raté qui a suscité la fureur du dirigeant nord-coréen.
Selon l’agence d’État KCNA, les travaux de réparation se poursuivront dans un bassin de radoub à Rajin, port voisin de Chongjin, et devraient durer entre sept et dix jours. Des images satellites de Planet Labs, analysées par l’Associated Press, confirment que le navire est désormais redressé et semble flotter sans inclinaison visible, signe que sa structure est probablement intacte.
Des experts du régime examineront la coque avant d’entamer la prochaine phase de restauration. Jo Chun Ryong, un haut responsable du Parti des travailleurs, a affirmé que la remise en état du navire serait achevée « sans faute » avant le congrès du parti prévu fin juin – une échéance imposée par Kim en personne.
La Corée du Nord détient très peu de destroyers modernes. Celui-ci, d’une classe de 5 000 tonnes, est le second connu du pays et devait entrer en service après son jumeau présenté en avril au port de Nampo. Ce dernier avait été salué par Kim comme un bond en avant dans la portée opérationnelle et la capacité de frappe nucléaire de la marine nord-coréenne.
Mais l’échec du lancement du second navire a été qualifié de « crime impardonnable » par Kim, qui a dénoncé une « négligence absolue, un manque de responsabilité et un empirisme non scientifique ». Plusieurs hauts responsables du secteur de l’armement ont été arrêtés, dont un vice-directeur du département de l’industrie militaire du parti.
D’après l’armée sud-coréenne, le destroyer renversé a été redressé en début de semaine et fait actuellement l’objet de pompages et d’examens techniques. La gravité des dommages reste incertaine, notamment en ce qui concerne la quille, élément crucial de la structure du navire.
Ce nouvel incident intervient alors que Pyongyang resserre ses liens militaires avec Moscou. Des responsables sud-coréens estiment que la construction de ces destroyers a probablement bénéficié d’une assistance russe, dans le cadre d’un échange d’armement entre les deux pays en pleine guerre en Ukraine.
Alors que la marine nord-coréenne reste inférieure à celles de ses voisins, un destroyer doté de systèmes de missiles et de radars modernes pourrait représenter une avancée stratégique significative. Kim, qui accuse régulièrement Washington et Séoul de menacer la sécurité nationale, a promis que sa prochaine étape serait l’acquisition d’un sous-marin à propulsion nucléaire.