L’est de la Chine est en proie à une vague de chaleur particulièrement intense et précoce, avec des températures prévues entre 37 et 40 °C tout au long de la semaine à venir. Cette canicule survient alors que débute la « saison Sanfu », traditionnellement la plus chaude de l’année, mais qui s’annonce cette fois bien en avance sur le calendrier habituel.
Les provinces longeant le fleuve Yangtze, notamment le Jiangsu, le Zhejiang, l’Anhui et le Shanghai industriel, sont les plus touchées. Cette région concentre une part significative de l’agriculture et de la production industrielle du pays. Des responsables locaux et des experts du climat mettent en garde contre des pénuries d’eau, une baisse de rendement agricole, ainsi que des perturbations dans la chaîne de production, notamment dans les secteurs sensibles à la chaleur comme l’électronique, le textile et la métallurgie.
La pression sur le réseau électrique s’accroît, alors que la demande en climatisation explose. Des municipalités ont déjà appelé à limiter l’usage de l’électricité aux heures de pointe et à protéger les travailleurs exposés à l’extérieur.
Selon Li Xin, climatologue basé à Pékin, cette vague de chaleur n’indique pas nécessairement un été record comme celui de 2022, mais marque un dérèglement préoccupant du calendrier climatique. « Nous observons une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements extrêmes dans cette région-clé du développement chinois », a-t-il déclaré.
Le gouvernement central a activé des alertes météorologiques dans plusieurs provinces et les autorités agricoles ont été invitées à prendre des mesures d’irrigation d’urgence. Toutefois, les agriculteurs de la vallée du Yangtze, déjà fragilisés par des précipitations en baisse au printemps, redoutent des pertes de récoltes importantes, notamment pour le riz, le maïs et le coton.
Cette situation s’ajoute aux défis économiques plus larges auxquels la Chine est confrontée, alors que le pays peine à relancer sa croissance post-pandémie et à stabiliser son secteur immobilier en crise. Une canicule prolongée risquerait d’alourdir les pressions inflationnistes et d’affecter les exportations industrielles à court terme.