Le gouvernement allemand examine la possibilité pour des Afghans actuellement bloqués au Pakistan de rejoindre l’Allemagne, alors qu’Islamabad intensifie les expulsions vers l’Afghanistan. Jeudi, le ministre allemand de l’Intérieur, Alexander Dobrindt, a confirmé que la situation faisait l’objet de discussions avec les autorités pakistanaises, dans un contexte de tensions croissantes autour du sort de ces réfugiés.
Selon les Nations unies, le Pakistan a commencé à expulser des réfugiés afghans, y compris des personnes en situation régulière, avant la date butoir du 1er septembre fixée pour leur départ. Cette campagne pourrait concerner plus d’un million d’Afghans. Parmi eux figurent plus de 2 000 personnes sélectionnées dans le cadre d’un programme allemand d’admission, destiné à accueillir celles jugées particulièrement menacées sous le régime taliban.
Une source proche du dossier a indiqué que les arrestations en vue d’expulsions se poursuivent, y compris pendant les célébrations de la fête nationale pakistanaise. « Des personnes bénéficiant d’une autorisation d’entrée en Allemagne sont amenées à la frontière de Torkham, entre le Pakistan et l’Afghanistan, en ce moment même », a-t-elle déclaré à Reuters.
Le ministre Dobrindt a confirmé que certains des candidats au programme de réinstallation « ont récemment attiré l’attention des autorités pakistanaises » et que leur situation fait l’objet d’un suivi étroit. Berlin tente de trouver une solution diplomatique pour éviter que ces Afghans ne soient renvoyés dans leur pays d’origine, où ils pourraient être exposés à de graves risques.
Cette crise humanitaire soulève de nouvelles interrogations sur la capacité des programmes de réinstallation à protéger les bénéficiaires lorsqu’ils se trouvent dans des pays tiers confrontés à leurs propres pressions politiques et sécuritaires.