Paris : une propagande vieille de 3 000 ans déchiffrée sur l’obélisque de la Concorde
Paris : une propagande vieille de 3 000 ans déchiffrée sur l’obélisque de la Concorde

Ce n’est ni une légende urbaine ni un canular d’égyptophile exalté : un égyptologue français vient de percer un mystère qui trônait, bien en hauteur et sous nos yeux, au centre de Paris. Jean-Guillaume Olette-Pelletier a mis au jour des messages codés, subtilement dissimulés sur l’obélisque de Louxor de la place de la Concorde. Et ces signes secrets racontent… une campagne de propagande vieille de plusieurs millénaires.

Un œil, des jumelles et un confinement plus tard

Armé de patience, de son carnet et d’une paire de jumelles, l’expert a passé ses confinements et les Jeux olympiques à observer l’aiguille monumentale offerte par l’Égypte à la France en 1830. Jour après jour, il a recopié à la main les hiéroglyphes, jusqu’à déceler ce que personne n’avait encore relevé : « sept cryptographies », autrement dit des signes volontairement cachés dans les scènes gravées. « Je me suis rendu compte qu’il y avait un double langage visuel », confie-t-il à nos confrères de France Inter. Ce n’est donc pas seulement un hommage figé à Ramsès II, mais une véritable stratégie de communication impériale. Les hiéroglyphes camouflés répètent un même message : Ramsès est l’élu des dieux, l’incarnation du pouvoir, l’homme qu’on ne peut renverser.

Ramsès II, roi du storytelling avant l’heure

À travers ces symboles dissimulés à plus de 20 mètres du sol, le pharaon se livrait déjà, il y a 3 000 ans, à une guerre d’image. L’objectif ? Graver dans la pierre une autorité indiscutable, ancrée dans la divinité et l’éternité. Jean-Guillaume Olette-Pelletier, qui vient d’intégrer les équipes du Louvre, le résume ainsi : « C’est un discours politique. C’est de la propagande. » La place de la Concorde, haut lieu des basculements de pouvoir en France, accueille donc en son centre un manifeste vieux de plusieurs millénaires. Une ironie que l’Histoire, manifestement, n’a pas manqué d’écrire elle-même.

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