David Hockney, géant du pop art et peintre de la lumière, s'est éteint à 88 ans
David Hockney, géant du pop art et peintre de la lumière, s'est éteint à 88 ans

La peinture britannique perd l’une de ses figures les plus lumineuses. David Hockney s’est éteint paisiblement à Londres le 11 juin 2026, un mois avant son 89e anniversaire, a annoncé son agente Erica Bolton à l’AFP. Né en 1937 à Bradford, dans le Yorkshire, au sein d’une famille modeste, il effectue son service militaire comme infirmier avant d’intégrer le prestigieux Royal College of Art de Londres en 1959. L’œuvre de Picasso l’y marque profondément : « Picasso pouvait maîtriser tous les styles. La leçon que j’en tire, c’est que l’on doit les utiliser tous », disait-il. Homosexuel assumé dès les années 1960, à une époque où cela était encore illégal en Grande-Bretagne, il quitte son pays pour s’installer en Californie en 1964. Il s’était installé en Normandie en 2019 avant de retourner vivre dans son pays natal en juillet 2023. En 2025, la Fondation Louis Vuitton lui avait consacré une rétrospective exceptionnelle à laquelle l’artiste s’était très impliqué malgré des problèmes de santé.

Des piscines californiennes aux portraits intimes : une œuvre solaire et inépuisable

C’est en survolant Los Angeles pour la première fois que David Hockney aperçoit des piscines bleues à perte de vue. L’image le fascine et donne naissance à l’une des séries les plus célèbres de l’art contemporain : les Pool Paintings. La plus connue, A Bigger Splash (1967), représente les éclaboussures d’un plongeur sous un ciel californien éclatant. « J’ai adoré l’idée de peindre quelque chose qui ne durait que 2 secondes. Il m’a fallu 2 semaines pour peindre cet événement de 2 secondes », racontait-il selon France Télévisions. Portrait d’un artiste (Piscine avec deux personnages) avait décroché en 2018 le record mondial de l’œuvre la plus chère pour un artiste vivant, vendue 90,3 millions de dollars à New York. Après les piscines, il se tourne vers les portraits de ses proches, amants, danseurs, designers et artistes saisis dans des situations du quotidien, cherchant à illustrer selon Beaux-Arts « la relation psychologique qui unit les protagonistes ».

Un travailleur acharné entre Yorkshire, Normandie et iPad

Loin de l’image du dandy oisif, Hockney se définissait lui-même comme un travailleur. « Un artiste peut être favorable à l’hédonisme, mais il ne peut être lui-même un hédoniste », déclarait-il au Guardian en 2015. Il retournait régulièrement dans son Yorkshire natal pour peindre la campagne environnante avec des couleurs proches du fauvisme, de Cézanne et de Van Gogh. Toujours avide de nouvelles technologies, il adopte l’iPad à 70 ans passés pour créer de nouvelles œuvres. En Normandie, où il possédait une maison à Rumesnil dans le Calvados, il était connu pour son attachement aux produits locaux (andouillette, ris de veau) et ses habitudes au café de Beuvron-en-Auge, selon le maire local rapporté par France Télévisions. « La nature est source de tout. Ma joie vient de la façon dont je regarde le monde », confiait-il à l’AFP en 2021. Derrière ses célèbres lunettes rondes, ce « fumeur heureux » allergique aux « donneurs de leçons » laisse une œuvre immense et inimitable.

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