À Caracas, des proches de détenus politiques lancent une grève de la faim après un nouveau report de la loi d’amnistie
À Caracas, des proches de détenus politiques lancent une grève de la faim après un nouveau report de la loi d’amnistie 

Une dizaine de proches de détenus politiques ont entamé samedi 14 février une grève de la faim devant la prison dite « Zona 7 » à Caracas, pour exiger la libération de leurs proches. Leur action intervient après que l’Assemblée nationale a une nouvelle fois reporté, jeudi, l’adoption d’une loi d’amnistie censée conduire à la libération de tous les prisonniers politiques du pays. 

Portant des masques sanitaires, ces femmes se sont allongées en ligne à l’entrée de l’établissement pénitentiaire, où 17 prisonniers politiques ont été libérés au cours de la nuit. Elles avaient prévu de commencer leur mouvement dans la matinée. « Dormir apaise la faim », a confié l’une d’elles, sous couvert d’anonymat. 

La loi d’amnistie, qualifiée d’historique, avait été promise le 30 janvier par la présidente par intérim Delcy Rodriguez, sous pression américaine, un mois après la capture de Nicolas Maduro, le 3 janvier. Les autorités avaient également annoncé des libérations massives à partir du 8 janvier, mais celles-ci se sont déroulées progressivement, tandis que des dizaines de familles continuaient de camper devant les prisons. 

« La pression a porté ses fruits, nous espérons rester ici pour qu’ils sortent tous », a déclaré Evelin Quiaro, 46 ans, employée du service des migrations et mère d’un détenu politique. Elle affirme avoir pris son dernier repas vers une heure du matin, se limitant à des biscuits et du jambon. « Nous ne sommes vraiment pas préparées, je n’ai jamais fait ça de ma vie », explique-t-elle. Son fils de 30 ans est incarcéré depuis novembre 2025 et poursuivi pour terrorisme, association de malfaiteurs et financement du terrorisme. 

Dans la nuit, le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodriguez (frère de la présidente par intérim) a annoncé sur les réseaux sociaux la libération de 17 personnes détenues à la Zona 7 « dans le cadre de la loi d’amnistie ». Une semaine plus tôt, lors d’une visite sur place, il avait assuré aux familles que leurs proches seraient libérés immédiatement après l’adoption du texte. 

Selon l’ONG Foro Penal, 431 prisonniers politiques ont bénéficié d’une libération conditionnelle, tandis que 644 restent encore incarcérés au Venezuela. 

Partager